France - Au congrès du RN, Marine Le Pen bat le rappel pour la présidentielle
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FranceAu congrès du RN, Marine Le Pen bat le rappel pour la présidentielle

Après la défaite aux élections régionales françaises, Marine Le Pen entend convaincre qu’une victoire reste possible à la prochaine présidentielle.

Marine Le Pen, le 7 juin 2021, en Normandie.

Marine Le Pen, le 7 juin 2021, en Normandie.

AFP

Marine Le Pen bat dimanche le rappel de ses militants réunis en congrès à Perpignan pour la présidentielle, après une défaite aux régionales qui a généré des questionnements au sein du Rassemblement national (RN). «Rien n’est perdu, il y a encore un chemin» vers la victoire, a assuré dès samedi le numéro deux du parti Jordan Bardella, très applaudi.

Mais «nous n’avons pas le droit de douter», a-t-il ajouté, alors que l’échec aux régionales a suscité des critiques en interne et à la périphérie du parti sur son fonctionnement, son implantation locale, ou sa ligne de «normalisation». Il a fustigé à cet égard les «planqués», les «déserteurs» du parti qui «tirent dans le dos des combattants de première ligne».

La présidente du Rassemblement national, qui devrait être réélue sans surprise à la tête du parti où elle n’avait pas de concurrent, tiendra un discours à 15H00. Elle devrait reprendre des thèmes fondamentaux --et mobilisateurs-- de son parti, comme l’immigration. Mercredi elle avait déjà appelé à «la mobilisation» face à «la submersion [migratoire] programmée de l’Europe». Deux jours plus tard, elle a publié avec 15 alliés en Europe une déclaration commune visant à une «grande alliance au Parlement européen», marque d’un «travail de rassemblement» selon le RN.

Mais elle réaffirmera aussi sa ligne «d’ouverture» à des personnalités extérieures au parti, défendue samedi par le candidat en Paca et ex-LR Thierry Mariani, invité au congrès comme les autres candidats non RN. «On ne va pas revenir au Front national» et «nous avons encore besoin d’aller chercher du monde» pour «ouvrir et pas rétrécir», insiste le porte-parole Sébastien Chenu.

«Rebond»

Pour se consacrer à la présidentielle, la dirigeante d’extrême droite devrait provisoirement lâcher à l’automne la tête du parti, en désignant dès dimanche son remplaçant, qui sera le premier vice-président du parti, conformément au changement des statuts adopté samedi.

Jordan Bardella est pressenti à ce poste, que brigue aussi l’hôte du congrès, le maire RN de Perpignan Louis Aliot, qui fait valoir son «expérience» de trente ans au FN puis RN. Mais Louis Aliot, qui a rencontré Marine Le Pen plus d’une heure samedi à l’hôtel de ville, ne compte pas se battre «contre vents et marées».

Les militants guetteront également l’ordre d’arrivée des élus au conseil national («parlement» du parti), sorte de baromètre d’influence au sein du parti, où Louis Aliot, très populaire au RN, est souvent arrivé premier. Les élus, cadres et militants étaient pourtant venus au congrès avec des questions après la défaite des régionales, qui ont été effleurées lors des tables rondes samedi.

«Une implantation locale»

Le maire de Moissac Romain Lopez a souligné qu’une victoire «ça passe par une implantation locale», revenant sur son expérience de candidat qui n’a pas affiché l’étiquette du RN. Il a aussi défendu le besoin de «cadres locaux enracinés» qui «puissent s’exprimer sur la durée, en toute liberté».

En marge du congrès, Chantal Alex, 63 ans, dit qu’elle «y croit toujours, ce n’est pas parce qu’il y a eu cet échec», mais elle «espère que les Français vont se réveiller à la présidentielle, sinon on est mort». Candidate perdante aux départementales dans les Bouches-du-Rhône, elle est venue au congrès pour «en savoir un peu plus» et suggère «une alliance» entre Marine Le Pen et le polémiste Eric Zemmour, qui pourrait se présenter en 2022.

Marie-Christine Duriez, conseillère régionale d’Hénin-Beaumont et mère d’un haut cadre du RN, s’avoue déçue de la forte abstention qui a pénalisé le RN mais croit au «rebond» en 2022. Le jeune Marc-Antoine Ponelle, candidat défait aux départementales dans le Var, compte sur le «programme présidentiel» de Marine Le Pen pour «repartir sur une bonne base».

(AFP)

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