«Persona 4»: Au delà du réel
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«Persona 4»Au delà du réel

La PlayStation 2, souvent reléguée au rayon des promotions, tend à se faire oublier par les développeurs. Heureusement, cette vénérable grand-mère reçoit encore parfois de véritables trésors, comme le prouve le jeu «Persona 4», une perle de RPG, destiné exclusivement à cette console.

par
Emmanuel Herz

La série des «Persona» , appelés aussi «Shin Megami Tensei Persona», a toujours été un monde à part dans la galaxie RPG. Débutés sur la première Playstation, ces jeux de rôle fortement axés sur les légendes urbaines japonaises et le monde du paranormal narraient la vie de jeunes collégiens, partageant leur quotidien entre vie estudiantine et lutte acharnée contre les démons.

Persona 4, ou P4, s'inscrit dans cette lignée et place le joueur dans la peau d'un jeune étudiant, ce dernier devant quitter la grande ville pour aller s'installer chez son oncle, détective dans une petite bourgade rurale du nom d'Inaba. Cependant, loin d'être un lieu paisible, cette localité va être le théâtre de morts passablement tragiques et mystérieuses, particulièrement par jours de grand brouillard…

Les années collèges

Le gameplay des Personas est des plus particuliers. En plus de l'exploration des donjons et des combats, une grande part de l'aventure consiste à vivre une vie d'étudiant tout à fait normale, à suivre des cours, à répondre aux profs, voire à chercher des petits boulots… on aime ou pas…

Dans P4, un groupe d'amis va rapidement se former autour du héros principal: Chié, la garçon manqué, Kanji, le bagarreur, Yukiko, la jolie brune et Yosuke, le «meilleur copain». Alors que la police locale piétine sur l'enquête, cette joyeuse équipe de lycéens va se rendre compte que ces morts sont étroitement liées à l'apparition d'un monde parallèle, créé apparemment par la psyché torturée des individus, et accessible uniquement par l'intermédiaire d'écrans de télévision, véritables portails vers un au-delà onirique.

Ce scénario alambiqué n'est pas la seule raison de la limite d'âge placée à 16 ans. Les dialogues sont souvent crus, le développement des relations sociales est complexe et, de toute façon, les dialogues sont accessibles uniquement en anglais.

Graphiquement le jeu ne touche pas aux limites de la console mais demeure très agréable à regarder. Des écrans fixes avec de beaux artworks accompagnent les phases de dialogues parlées (très nombreuses) et les combats sont très plaisants et bien animés. Seuls les donjons, répétitifs, sont franchement ennuyeux à explorer. Le jeu met également un très long moment avant de réellement démarrer. Comptez cinq heures de jeu avant de débuter réellement l'aventure.

Persona non grata

Outre son excellent scénario, le jeu vaut par la découverte et l'acquisition des «personas». Ces entités, démons ou créatures magiques, se matérialisant sous la forme de cartes à jouer, peuvent être invoqués par les joueurs lors des combats et octroient moult pouvoirs, effets et compétences. De plus, en les combinant, ces cartes dévoilent des dizaines de nouvelles entités. Le joueur est donc encouragé à découvrir et à expérimenter les meilleures combinaisons.

La partie audio a bénéficié d'un effort particulier et les joueurs européens sont particulièrement gâtés par Square Enix, l'éditeur ayant inclus dans chaque boîte un second CD contenant 24 musiques issues du jeu. Une excellente initiative qui incitera d'autant plus chaque amateur à se procurer d'urgence ce qui est sans doute le meilleur dernier jeu de la PlayStation 2.

Le trailer US de «Persona 4»:

Un des nombreux dessins animés de «Persona 4», le réveil de la première «persona»:

«Shin Megami Tensei: Persona 4»

Système: PlayStation 2

Fabricant: Square Enix

Pegi: 16 ans

Notation: ****

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