Actualisé 24.03.2015 à 15:54

«Big Eyes»

Au lieu d'un chef-d'oeuvre, une toile en demi-teinte

Avec «Big Eyes», Tim Burton met en scène l'une des impostures artistiques les plus énormes du XXe siècle.

de
Catherine Magnin

Longtemps, on a cru que Walter Keane (Christoph Waltz) était l'auteur des tableaux représentant des personnages aux yeux démesurément grands, qui firent fureur dans les années 1960. Il faut reconnaître que pour s'en mettre plein les poches, le bonhomme révolutionna le marché de l'art, en inventant notamment des produits dérivés à partir des toiles peintes par... sa femme! Jusqu'à ce que Margaret (Amy Adams) se révolte et réclame la maternité de ses œuvres...

Autant que la chronique d'une imposture, «Big Eyes» dresse le portrait d'une femme bien naïve mais courageuse. C'est qu'il en fallait, du cran, pour quitter un premier domicile conjugal et s'installer à San Francisco, avec une fille à charge, à une époque où l'on demandait encore à une femme si elle avait l'accord de son mari pour travailler! Et il en fallait, de la naïveté, pour se laisser mener par le bout du nez par un époux aussi superficiel que Walter .

Crispation

D'une linéarité et d'un classicisme exemplaires, sympathique malgré le jeu exagé­rément gesticulatoire de Christoph Waltz, «Big Eyes» ne déçoit finalement que lorsqu'on regarde le nom de son réalisateur: Tim Burton. Loin des «Edward aux mains d'argent» et des «Mars Attacks!» de sa période la plus inventive, Tim Burton semble s'être crispé à l'idée de rendre hommage à une peintre dont les tableaux l'ont beaucoup inspiré.

«Big Eyes»

De Tim Burton. Avec Amy Adams, Christoph Waltz.

Sortie le 25 mars 2015.

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