Actualisé 18.12.2013 à 18:23

Syrie

Au moins 135 morts en 3 jours de raids sur Alep

Les raids depuis dimanche de l'armée de l'air syrienne sur les quartiers rebelles d'Alep ont fait plus de 135 morts, a indiqué mercredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), proche des rebelles.

Des dizaines d'enfants figurent parmi les victimes des raids aériens. Le bilan le plus lourd a été enregistré dimanche, au premier jour de cette offensive qui vise à écraser la rébellion dans les secteurs contrôlés par les insurgés, avec 76 personnes tuées dont 28 enfants, d'après l'OSDH.

Lundi, 20 personnes dont quatre enfants ont péri. Et mardi, 39 personnes dont au moins huit enfants ont trouvé la mort dans ces raids menés la plupart du temps avec des «barils d'explosifs» largués à partir d'avions et d'hélicoptères militaires, principal atout du régime dans sa guerre contre les rebelles.

Une source de la sécurité syrienne a réfuté l'utilisation de barils, tandis qu'une autre a indiqué que l'armée préfère utiliser ces barils au lieu des missiles, plus onéreux. Pour l'opposition syrienne, «ces raids systématiques sur Alep démontrent le rejet par le régime de toute solution politique», alors qu'une conférence de paix internationale doit débuter à Montreux (VD) le 22 janvier.

Revers diplomatique

Sur le front diplomatique, l'ambassadeur américain en Syrie Robert Ford a indiqué que le Front islamique avait refusé de rencontrer des responsables américains. Ce mouvement «a refusé de s'asseoir à la table avec nous, sans donner de raisons», a confié M. Ford à la télévision Al-Arabiya, au lendemain d'une déclaration du secrétaire d'Etat américain John Kerry qualifiant une rencontre de «possible».

«Nous sommes prêts à les voir parce que nous parlons avec tous les partis et groupes politiques en Syrie», a ajouté M. Ford. Plusieurs factions rebelles se sont unies le mois dernier pour former le Front islamique. Cette coalition non liée à Al-Qaïda est devenue le plus important des groupes rebelles en Syrie avec des dizaines de milliers de combattants.

147 millions débloqués

L'Union européenne a pour sa part annoncé une aide de 147 millions d'euros, soit la plus importante qu'elle a octroyée jusqu'ici, pour venir en aide aux victimes du conflit. «La situation ne cesse de s'aggraver et va continuer à se dégrader», a prévenu la directrice du PAM, Ertharin Cousin, en soulignant que le nombre de personnes ayant besoin d'un soutien avait atteint 10 millions.

L'UE va accorder 63 millions d'euros au HCR pour venir en aide aux déplacés en Syrie et aux réfugiés au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Irak. Le PAM, qui fournit des coupons et rations alimentaires, recevra 61 millions tandis que l'Unicef pourra investir 25 millions dans les camps de réfugiés pour améliorer les conditions sanitaires et l'accès à l'eau.

De son côté, l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF), qui milite pour une aide accrue, a dénoncé le manque d'accès aux zones contrôlées par l'opposition. Elle a écrit à un groupe de 22 pays qui se réunit jeudi à Genève pour faire des recommandations visant à faciliter l«acheminement de l«aide en Syrie.

Plan de destruction approuvé

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a pour sa part approuvé mardi soir soir les détails du plan de destruction des armes chimiques syriennes.

Ces agents chimiques, détectés par des GPS américains, seront transportés hors du pays notamment par des camions blindés russes sous la surveillance de caméras chinoises. Leur destruction sera réalisée dans les eaux internationales sur un navire de la marine américaine.

Des navires danois et norvégien sont stationnés en Chypre, attendant de pouvoir escorter deux cargos, qui doivent récolter les agents chimiques au port de Lattaquié, sur la côte syrienne. Ces cargos transporteront ensuite les agents chimiques vers un port italien, où ils seront embarqués sur le navire américain, avant de retourner à Lattaquié pour prendre en charge les derniers agents chimiques, moins dangereux, qui doivent être détruits par des sociétés.

Les agents chimiques les plus dangereux devraient avoir quitté le territoire syrien le 31 décembre et l'ensemble de l'arsenal doit être détruit pour le 30 juin 2014. Des sources proches du dossier ont déclaré à l'AFP que ces objectifs ne seraient probablement pas respectés. (ats)

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