Actualisé 15.08.2017 à 06:53

Burkina FasoAu moins 18 morts dans un attentat à Ouagadougou

Deux membres du commando qui a attaqué dimanche un café-restaurant à Ouagadougou ont été tués lors d'un assaut de l'armée. Bilan: 18 morts.

L'attaque dimanche soir d'un café-restaurant de Ouagadougou par des djihadistes présumés a fait 18 morts et une dizaine de blessés, a annoncé lundi le ministre de la Communication du Burkina Faso, Rémi Dandjinou. Deux assaillants ont également été tués. Cet établissement est particulièrement fréquenté par des expatriés au moment de la retransmission de grands matchs de football.

Sur Twitter, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a condamné «avec la plus grande force» cet «attentat ignoble». Il a assuré que son pays se «relèvera de cette épreuve» et qu'il «opposera une résistance sans concession au terrorisme».

Plusieurs personnes ont été retenues prisonnières pendant quelques heures à l'intérieur du restaurant Istanbul, un établissement prisé des expatriés situé dans le centre-ville de Ouagadougou, avant que les forces de l'ordre ne prennent le contrôle de la situation.

Quadrillage en cours

Des opérations de «quadrillage et vérification des maisons avoisinantes» se poursuivaient lundi matin, a précisé M. Dandjinou lors d'un point presse, diffusé notamment sur les réseaux sociaux et RFI.

Le ministre a évoqué des victimes «de différentes nationalités, des Burkinabè et des étrangers», sans donner de décompte précis. Au moins un Français et un Turc figurent parmi les victimes, selon le parquet de Paris et le ministère turc des affaires étrangères.

Le président français Emmanuel Macron a condamné cette attaque et assuré que son pays demeurera engagé aux côtés des pays de la région du Sahel pour lutter contre les groupes terroristes. Il devait s'entretenir dans la journée avec son homologue burkinabé pour évaluer la situation.

Interrogé par l'ats, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a de son côté qu'il n'avait aucune information sur d'éventuelles victimes suisses. L'ambassade de Suisse à Ouagadougou est en contact avec les autorités locales et des vérifications sont en cours, a-t-il précisé.

Otages relâchés

Depuis 05h00 lundi, les tirs ont cessé, selon un journaliste de l'AFP, mais le périmètre autour du café-restaurant Istanbul était toujours bouclé par l'armée. La police scientifique était déployée sur le site.

Le ministre de la Communication a confirmé lors de son point presse que «des personnes ont été retenues» par les assaillants, et que «certaines ont été relâchées», mais sans donner plus de détails. Il a évoqué des victimes «de différentes nationalités, des Burkinabè et des étrangers», sans donner de décompte précis.

Deux Suisses tués en 2016

Le mode opératoire de cette attaque est similaire à celui du 15 janvier 2016. Le restaurant Istanbul est situé à environ 200 mètres du café Cappuccino, qui avait été en janvier 2016 la cible d'une attaque djihadiste sanglante, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Cette attaque, dans laquelle les Valaisans Georgie Lamon et Jean-Noël Rey avaient péri, avait fait 30 morts et 71 blessés, en majorité des étrangers.

«Selon des témoins, au moins deux assaillants arrivés à moto vers 21heures armés de kalachnikov, ont ouvert le feu sur le restaurant Istanbul», a indiqué à l'AFP un officier de gendarmerie sous couvert d'anonymat.

A bord d'un véhicule 4x4

«Selon des témoins, au moins deux assaillants arrivés à moto vers 21h00 (23h00 suisses), armés de kalachnikov, ont ouvert le feu sur le restaurant Istanbul», a raconté un officier de gendarmerie sous couvert d'anonymat.

Un serveur du restaurant a lui vu «trois hommes arrivés à bord d'un véhicule 4x4 vers 21h30, (qui) sont descendus du véhicule et ont ouvert le feu sur les clients assis sur la terrasse» de ce café fréquenté par une clientèle expatriée.

Après avoir évacué le périmètre, les forces de sécurité -gendarmerie, police et armée- ont donné l'assaut vers 22h15 contre les assaillants retranchés dans l'immeuble qui abrite le café, selon l'officier de gendarmerie.

Les tirs, intenses au début, sont ensuite devenus sporadiques, a rapporté un journaliste de l'AFP. Sur une vidéo diffusée sur Twitter, on voit des gens s'enfuir en courant et en criant. Puis dans une séquence suivante, on entend des tirs nourris.

Lundi matin, alors que le jour s'était levé, le périmètre autour du café-restaurant Istanbul était toujours bouclé. La police scientifique était déployée sur le site pour les prélèvements pour l'enquête et l'identification des victimes.

Les blessés ont été transportés dans la nuit à l'hôpital Yalgado Ouedraogo. «Nous sommes débordés», a confié dans la nuit un chirurgien à l'AFP sous couvert d'anonymat. «Nous avons reçu une dizaine de blessés, dont trois qui sont décédés. La situation des autres blessés est très critique. Trois sont pris en charge actuellement en bloc opératoire».

Lutte contre le terrorisme

Le Burkina Faso, petit Etat sahélien d'Afrique de l'Ouest, pauvre et enclavé, a réaffirmé le 18 juillet la nécessité de «lutter contre le terrorisme» avec son voisin la Côte d'Ivoire, également touchée par un attentat djihadiste en 2016.

En décembre 2016, une douzaine de soldats burkinabè ont été tués dans une attaque contre un détachement de l'armée basé dans le nord du pays. En octobre 2016, une précédente attaque avait fait six morts, quatre militaires et deux civils.

Plusieurs enlèvements ont aussi été perpétrés, de Burkinabè comme d'étrangers. Un Australien et un Roumain, enlevés en 2015, sont toujours captifs de groupes islamistes liés à Al-Qaida.

Le Mali voisin a aussi été le théâtre de plusieurs attaques visant des étrangers : contre le restaurant La Terrasse (mars 2015, cinq morts), contre l'hôtel Radisson (août 2015, 13 morts), et dernièrement, en juin, contre un écolodge près de Bamako (cinq morts).

(nxp/ats/afp)

(NewsXpress)

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