Irak: Au moins 30 morts dans un attentat à Bagdad
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IrakAu moins 30 morts dans un attentat à Bagdad

Un kamikaze s'est fait sauter mardi sur un marché bondé dans l'ouest de Bagdad, faisant une trentaine de morts et un nombre équivalent de blessés.

Sur le plan politique, l'ex- parti Baas a rejeté la «réconciliation nationale» proposée par le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Selon un officier de police, l'attentat s'est produit alors que passait un convoi de responsables sortant d'une réunion de «réconciliation nationale» à la mairie du quartier d'Abou Ghraïb. Il s'agit du second attentat dans la capitale en l'espace de trois jours.

Parmi les victimes figurent certains des responsables, mais aussi des écoliers, a-t-on appris de source policière. La chaîne de télévision indépendante Al Baghdadia a fait état de la mort de deux de ses journalistes. Un autre journaliste de la chaîne Al Irakia a été blessé, selon une de source médicale.

Méfiance de mise

La violence a considérablement diminué depuis deux ans en Irak, mais des attentats continuent à y être commis à intervalles réguliers, plus particulièrement dans la région septentrionale de Mossoul.

Mardi, l'explosion d'une voiture piégée a du reste tué deux civils et blessé six autres personnes à l'est de cette ville, à Al Hamdania.

La réconciliation entre les nombreuses factions irakiennes n'est pas encore acquise et la méfiance reste de mise après six ans d'affrontements. Ceux-ci opposent avant tout la minorité sunnite, toute puissante sous Saddam Hussein, et la majorité chiite, qui détient désormais le pouvoir.

Réconciliation rejetée

Mardi, ces divergences ont été exprimées par l'ex-parti Baas, formation interdite et dirigée par l'ancien numéro deux du régime de Saddam Hussein, Ezzat al-Douri. Il a rejeté la «réconciliation nationale» proposée par le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, accusant le gouvernement d'être composé de «traîtres et d'espions».

«Ceux qui veulent la réconciliation (...) doivent reconnaître que la résistance nationale est la seule voie vers la libération» et «annuler le processus politique engagé à la faveur de l'occupation», a également fait savoir le parti dans un communiqué diffusé sur son site internet.

Le Baas, dissous en 2003, demande en outre au gouvernement «d'annuler définitivement la loi de débaassification et d'accorder des compensations aux personnes affectées» par celle-ci.

Il faut «remettre (à la justice) les collaborateurs, les espions et les traîtres» et «considérer les procès en cours comme nuls et illégaux car ils sont intervenus à la faveur de l'occupation», estime le Baas.

Recherché par les Américains

Ezzat al-Douri, seul proche collaborateur de Saddam Hussein encore en fuite, est recherché par les Américains qui l'accusent d'organiser et de financer l'insurrection.

La débaassification fut le premier décret pris par le chef de l'Autorité provisoire de la Coalition (CPA), Paul Bremer, à son arrivée en Irak en mai 2003. Il s'agissait de purger les rouages de l'Etat des partisans de l'ancien président, condamné à mort, puis exécuté en décembre 2006.

Plusieurs anciens hauts responsables du Baas, comme l'ex-vice- Premier ministre Tarek Aziz, sont actuellement jugés pour des exactions commises sous l'ancien régime.

Mais, dans le cadre de la réconciliation nationale, l'Irak a appelé en février les anciens militaires ayant servi sous Saddam Hussein à revenir au pays ou du moins à se manifester pour toucher leur retraite. (ap)

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