Actualisé 16.02.2017 à 20:39

Irak

Au moins 52 personnes tuées dans un attentat

Le groupe Etat islamique a revendiqué une attaque survenue jeudi, à Bagdad.

L'attentat est survenu à Bagdad, jeudi.

L'attentat est survenu à Bagdad, jeudi.

Keystone

Au moins 52 personnes ont été tuées et des dizaines blessées jeudi dans un attentat à la voiture piégée dans le sud de Bagdad. Cette attaque, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), est la plus meurtrière à frapper la capitale irakienne depuis le début de l'année.

Cet attentat est le troisième à toucher Bagdad en trois jours. L'explosion s'est produite dans une zone de concessions automobiles dans le quartier de Bayaa, où quatre personnes avaient déjà péri mardi dans un attentat à la voiture piégée, a précisé à l'AFP un responsable du ministère de l'Intérieur.

Le Premier ministre Haider al-Abadi a convoqué une réunion d'urgence des chefs de la Sécurité. Un responsable du ministère de l'Intérieur a fait état de 52 morts et plus de 50 blessés, bilan confirmé de sources hospitalières.

L'EI reste menaçant

L'EI a revendiqué l'attaque, affirmant avoir visé «un rassemblement de chiites», dans un communiqué diffusé par son agence de propagande, Amaq. L'organisation extrémiste sunnite considère comme hérétique la communauté chiite, majoritaire en Irak.

La veille, le groupe djihadiste avait aussi revendiqué un attentat suicide dans le quartier à majorité chiite de Habibiya, près du vaste quartier de Sadr City, dans le nord de la capitale. Un kamikaze avait fait exploser sa voiture piégée, tuant onze personnes.

Cible d'une offensive

Le groupe extrémiste sunnite est la cible d'une offensive des forces irakiennes qui cherchent à le chasser de Mossoul, son dernier grand fief en Irak. Malgré ses revers au cours des derniers mois et la perte de terrain en Irak et en Syrie voisine, il parvient toutefois toujours à frapper en menant de multiples attentats meurtriers.

Le 2 janvier, alors que le président français François Hollande était en visite en Irak, un attentat-suicide à la voiture piégée revendiqué par le groupe djihadiste avait ainsi tué au moins 35 personnes à Sadr City.

Dans une interview publiée jeudi par l'agence Reuters, un haut responsable du renseignement kurde a d'ailleurs averti que l'EI restera aussi menaçant même sans Mossoul.

Repli dans les montagnes

«Je pense que nous devons nous préoccuper d'une guerre asymétrique», affirme Lahur Talabani, figure de l'antiterrorisme au sein de l'administration autonome du Kurdistan irakien, en évoquant la période qui s'ouvrira après la reprise de la grande ville du nord de l'Irak, tenue par l'EI depuis juin 2014.

«Notre travail deviendra bien plus difficile. L'armée devra marquer une courte pause, mais c'est le travail des forces de sécurité qui deviendra bien plus difficile», poursuit-il. M. Talabani fait état de signes suggérant que l'EI se prépare à un repli dans les montagnes d'Hamrin, dans le nord-est de l'Irak, entre Bagdad et Mossoul, d'où il pourrait lancer des attaques contre plusieurs provinces du pays.

«C'est un terrain très accidenté, très difficile à contrôler pour l'armée irakienne. C'est aussi un bon repaire et un lieu d'où ils pourraient aller de province en province sans être détectés», explique-t-il.

Ne pas reproduire les mêmes erreurs

Le risque existe aussi que l'Irak commette les mêmes erreurs que celles qui ont abouti à l'émergence de l'EI, avec les mêmes conséquences, dit-il. En juin 2014, quelques centaines seulement de djihadistes ont suffi à faire tomber Mossoul en quelques heures.

L'attitude des populations sunnites de la ville, qui dénonçaient les abus commis par l'armée et le gouvernement majoritairement chiite, explique en grande partie cette victoire éclair. Si les politiques discriminatoires ou le sentiment de relégation de la communauté sunnite prévalent, prévient M. Talabani, «un autre groupe, peut-être pas Daech, émergera sous un nom différent, à une échelle différente». (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!