Syrie: Au moins 78 rebelles pro-turcs tués dans des raids «russes»
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SyrieAu moins 78 rebelles pro-turcs tués dans des raids «russes»

Des frappes attribuées à la Russie ont causé la mort d’environ 80 rebelles syriens affiliés à Ankara. Il s’agirait d’«un message» envoyé à la Turquie.

Près d’un million d’habitants, installés essentiellement depuis dans des camps informels à la frontière avec la Turquie, ont déjà été déplacés dans ce conflit.

Près d’un million d’habitants, installés essentiellement depuis dans des camps informels à la frontière avec la Turquie, ont déjà été déplacés dans ce conflit.

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Près de 80 rebelles syriens affiliés à la Turquie ont été tués lundi dans des frappes attribuées à la Russie contre leur camp d’entraînement à Idleb en Syrie. C’est l’escalade la plus meurtrière dans cette région depuis huit mois.

Dans la guerre complexe en Syrie, la Russie aide militairement le régime de Bachar al-Assad et la Turquie soutient des groupes rebelles dans la province d’Idleb, ultime grand bastion djihadiste et rebelle dans le nord-ouest du pays. A Idleb, les deux puissances étrangères ont négocié plusieurs cessez-le-feu mais une trêve tient depuis mars en dépit d’affrontements sporadiques.

Une centaines de blessés

Les frappes aériennes attribuées à Moscou par un responsable rebelle et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) ont visé un camp d’entraînement de Faylaq al-Cham, un des principaux groupes de rebelles syriens soutenus par la Turquie, voisine de la Syrie.

Elles ont tué «78 combattants» et blessé une centaine dans la région de Jabal al-Douayli, dans le nord d’Idleb, tout près de la frontière turque, selon le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane. Certains blessés se trouvent «dans un état critique» et le bilan pourrait s’alourdir.

Dans la ville d’Idleb, chef-lieu éponyme de la province, des dizaines de personnes ont participé aux funérailles de combattants, avec une prière collective devant des cercueils alignés. «Le bilan est le plus lourd depuis l’entrée en vigueur de la trêve» dans la province d’Idleb, a indiqué Rami Abdel Rahmane. Des dizaines de combattants se trouvaient dans le camp au moment des frappes.

«Un message» à la Turquie

Seif al-Raad, un porte-parole du Front national de libération, coalition de groupes rebelles affiliés à Ankara dont fait partie Faylaq al-Cham, a confirmé des frappes russes ayant fait «des morts et des blessés». Pour l’analyste Nicholas Heras, la Russie envoie un «message» à la Turquie, les deux pays soutenant également des camps rivaux en Libye et au Nagorny-Karabakh.

Elle montre qu’elle «peut frapper les supplétifs syriens (d’Ankara) autant qu’elle le souhaite, si la Turquie n’engage pas une désescalade des activités militaires allant à l’encontre des intérêts russes en Libye, en Syrie, et dans le Nagorny-Karabakh», a-t-il dit.

Forte présence djihadiste

Des combattants de Faylaq al-Cham ont rejoint des centaines d’insurgés syriens envoyés en Libye, plongée dans le chaos, et plus récemment au Nagorny-Karabakh où un conflit oppose l’Arménie à l’Azerbaïdjan. Environ la moitié de la région d’Idleb est sous contrôle des djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda présente également dans des territoires adjacents, dans les provinces voisines de Lattaquié, Hama et Alep.

La trêve décrétée en mars avait stoppé une énième offensive du régime Assad, qui avait réussi en quelques mois à grignoter un peu plus de territoires échappant à son contrôle. L’offensive, accompagnée de frappes quasi-quotidiennes des aviations syrienne et russe, a coûté la vie à plus de 500 civils, selon l’OSDH.

Elle avait déplacé près d’un million d’habitants, installés essentiellement depuis dans des camps informels à la frontière avec la Turquie. Parmi eux, près de 235’000 personnes ont fait le choix du retour, profitant de la trêve, selon l'ONU.

(ATS)

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