Actualisé 15.05.2011 à 18:32

Révolte en Syrie

Au moins 8 morts malgré les consignes

La répression du mouvement de contestation contre le président syrien Bachar al-Assad a fait au moins huit morts dimanche.

Les principaux affrontements ont eu lieu dans la ville de Tall Kalakh (centre). Au moins sept personnes, dont deux femmes, y ont été tuées, a indiqué à l'AFP un militant, citant des témoins. Il a accusé les forces de sécurité de «bombarder indistinctement quatre quartiers de la localité». Il a affirmé que le nombre de victimes pourrait être plus important.

«Ils ont été tués alors qu'ils quittaient la mosquée Othman Ibn- Affan dans le centre de Tall Kalakh», a de son côté expliqué un autre témoin, joint par téléphone. Il a précisé que les tireurs «étaient des membres des services de sécurité».

«La situation est très mauvaise, des chars ont été déployés dans plusieurs quartiers», a dit cet homme qui paraissait terrifié. Alors qu'il parlait, on pouvait entendre derrière le bruit de tirs. «Il y a beaucoup de gens blessés dans les rues et nous ne pouvons pas aller les chercher», a-t-il déploré.

Flux de réfugiés

Par ailleurs, une Syrienne a été tuée et cinq personnes blessées - une Libanaise, un soldat libanais et trois Syriens - au poste- frontière d'Al-Boqayaa dans le nord du Liban par des tirs syriens, selon une source de sécurité libanaise.

Les tirs ont eu lieu alors que des Syriens fuyaient à pied vers la localité frontalière de Wadi Khaled, selon cette source et un correspondant de l'AFP. Depuis samedi matin, des centaines d'habitants de Tall Kalakh, encerclée par les forces de l'ordre, fuient vers le Liban.

Le maire de Moqaibleh, dans la zone frontalière, Rami Khazaal, a estimé à près d'un millier le nombre de Syriens ayant passé la frontière samedi. Certains d'entre eux présentaient des blessures par balles. L'un est décédé samedi à l'hôpital de Qobbayyate, suite à des blessures à la poitrine, a indiqué une source hospitalière.

D'après le témoin, trois autres personnes ont été tuées samedi à Tall Kalakh, au lendemain d'une manifestation contre le régime qui avait réuni des milliers de personnes. De son côté, le journal «Al- Watan», proche du régime, a affirmé que des hommes armés avaient fui Banias (nord-ouest) et Homs, et trouvé refuge à Tall Kalakh.

Appel du pape

La répression a fait en deux mois quelque 700 morts et entraîné des milliers d'arrestations à travers la Syrie, suscitant de vives critiques au niveau international. Le pape Benoît XVI a appelé dimanche à mettre un terme à l'effusion de sang, estimant qu'il était «urgent de restaurer une cohabitation marquée par la concorde et l'unité».

Par ailleurs, le responsable de la Ligue syrienne des droits de l'Homme, Abdel Karim Rihawi, a indiqué qu'une cour d'appel avait confirmé la décision de relâcher Riad Seif, sans préciser le montant de la caution versée. L'homme est l'une des principales figures de l'opposition.

M. Seif, qui souffre d'un cancer, avait été inculpé le 8 mai pour avoir enfreint l'interdiction de manifester, selon l'avocat Khalil Maatouk. L'opposant, âgé de 64 ans, a purgé une peine de deux ans et demi (janvier 2008-juillet 2010) pour avoir appelé à la démocratie.

Déjà en 2001, il avait été condamné à cinq ans de prison sous l'accusation d'avoir voulu «changer la Constitution d'une manière illégale». Le mouvement de contestation en Syrie a débuté à Damas le 15 mars, à l'appel d'une page Facebook, avant de s'étendre à d'autres villes. Les contestataires, qui exigeaient au départ la levée de l'état d'urgence et la fin de la suprématie du parti Baas, réclament désormais la chute du régime.

(ats)

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