Italie: Au moins cinq immigrés volontairement renversés par des voitures
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ItalieAu moins cinq immigrés volontairement renversés par des voitures

Cinq immigrés ont été volontairement renversés vendredi par des voitures conduites par des habitants italiens de Rosarno, en Calabre (sud), selon ANSA. Auparavant, dans la même ville, deux immigrés ont été blessés par des tirs de carabine à air comprimé.

Deux immigrés ont été grièvement blessés à coups de barre de fer, a annoncé le préfet de Reggio Calabria. Cinq ont été volontairement renversés par des voitures conduites par des habitants italiens de la localité tandis que deux autres ont été touchés aux jambes par des tirs de fusil de chasse.

Selon le préfet, le bilan total des violences depuis jeudi à Rosarno est de 37 blessés, dont 19 étrangers et 18 policiers.

Jeudi soir, des dizaines d'immigrés africains ont incendié des voitures, brisé des vitrines et mis le feu à des poubelles dans cette petite ville de Calabre. Des passagers d'une voiture ont été blessés dans la localité pendant ces émeutes, parmi les plus graves de ces dernières années dans la Péninsule.

Les migrants, qui ont en outre bloqué un axe routier, se sont heurtés aux policiers en tenue anti-émeute. Sept étrangers ont été arrêtés, selon les chiffres de la police.

Les incidents ont éclaté après que de jeunes Calabrais circulant en voiture ont tiré à la carabine sur un groupe de migrants africains revenant des champs. Deux de ces étrangers ont été blessés.

«Nous ne sommes pas des animaux»

Vendredi matin, quelque 2000 migrants ont manifesté devant l'hôtel de ville de Rosarno pour protester contre le comportement, à leurs yeux raciste, de certains habitants de la région à leur égard. Des manifestants scandaient «Nous ne sommes pas des animaux !» et brandissaient des pancartes affirmant «Les Italiens ici sont racistes !».

Des actes de vandalisme isolés se sont poursuivis en ville, où des vitrines de magasins ont été brisées. Les écoles sont restées fermées dans la localité. Selon des informations émanant des médias, un habitant a tiré en l'air à balle réelle d'une terrasse.

Polémique

Le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, a ordonné l'envoi de renforts de police dans la région et mis en place une cellule de crise pour traiter des racines de ces violences.

Le ministre, qui est issu de la Ligue du Nord, parti d'extrême droite xénophobe membre du gouvernement de coalition de Silvio Berlusconi, a provoqué une polémique en déclarant que l'une des causes de la violence résidait dans le fait que l'immigration clandestine avait été tolérée pendant de trop nombreuses années.

Le chef de l'opposition de centre-gauche, Pierlugi Bersani, a répliqué en l'accusant de jeter de l'huile sur le feu. «Maroni est en train de faire porter le chapeau (à d'autres) (...) il faut aller au coeur du problème, à savoir la mafia, l'exploitation, la xénophobie et le racisme», a-t-il expliqué.

Pour sa part, le gouverneur de Calabre, Agazio Loiero, a déclaré que si les violences déclenchées par les immigrés étaient à ses yeux entièrement injustifiées, il y avait eu «une forte provocation».

Exploités par le crime organisé

Dans la région de Rosarno, les immigrés sont employés comme journaliers pour la récolte des fruits et des légumes. Ils sont environ 1500 à vivre dans des usines désaffectées, sans eau courante ni électricité. Des mouvements des droits de l'homme disent qu'ils sont exploités par le crime organisé.

L'Italie a, ces dernières années, durci sa position contre l'immigration clandestine. Certains bateaux d'immigrants venus d'Afrique ont été refoulés en haute mer.

L'organisation caritative Médecins sans frontières, qui dispose d'une équipe dans la région, a dit avoir alerté à plusieurs reprises les autorités des conditions déplorables dans lesquelles vivent la majeure partie des immigrants.

Huit mille clandestins vivent en Calabre. Les relations avec la population locale sont souvent tendues. (ats)

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