Actualisé 12.08.2008 à 16:25

Au moins treize morts dans un attentat à Peshawar

L'explosion d'un car de l'armée pakistanaise a fait au moins treize mort dans le nord-ouest du pays.

Une attaque à l'explosif contre un autobus de l'armée de l'air a fait treize morts et une quizaine de blessés mardi à Peshawar, au nord-ouest du Pakistan. Dans la même province, l'assemblée a voté une résolution anti-Musharraf.

L'attentat a été revendiqué par des talibans pakistanais en représailles, ont-il dit, à des opérations militaires contre des des talibans et des activistes d'Al-Qaïda.

La déflagration s'est produite au passage du bus militaire sur un pont à la périphérie de Peshawar, la grande cité pakistanaise à la porte de l'Afghanistan. Dix-huit employés de l'armée de l'air étaient à bord et rejoignaient la base militaire de Badaber quand l'explosion a eu lieu, a déclaré la police.

Ce nouvel attentat survient en pleine crise politique au Pakistan, depuis que la coalition gouvernementale a annoncé jeudi le lancement d'une procédure de destitution à l'encontre du président Pervez Musharraf.

Des combats ont opposé pendant plusieurs jours des activistes aux forces de sécurité appuyées par l'aviation dans la région de Bajaur, un bastion de la rébellion au nord de Peshawar. Quelque 150 activistes, dont un responsable d'Al-Qaïda, ont été tués, selon l'armée.

Civils tués

Mais six civils ont également péri mardi lorsque des hélicoptères ont bombardé des repaires présumés de ces fondamentalistes armés, tuant seize d'entre eux, dans cette zone difficile d'accès. Les Etats-Unis pensent qu'Al-Qaïda et les talibans afghans y ont reconstitué leurs forces avec le soutien de talibans pakistanais.

Le Pakistan est sous grosse pression, surtout de Washington, pour maîtriser les insurgés de ces régions tribales d'où ils lanceraient leurs attaques contre les forces internationales stationnées en Afghanistan.

En représailles à ces opérations militaires, des talibans pakistanais ont perpétré de nombreux attentats dans leur pays- plus de 1100 morts en plus d'un an -, pour l'essentiel des attentats suicide.

Le président Musharraf a par ailleurs dû essuyer un nouveau camouflet mardi avec l'adoption par l'assemblée de la Province de la Frontière du Nord-Ouest du Pakistan (NWFP) d'une résolution de défiance à son égard, une étape supplémentaire dans la longue procédure de destitution amorcée contre lui.

Majorité écrasante

Cette assemblée provinciale, l'une des quatre du pays, a adopté ce texte non contraignant à une majorité écrasante de 107 députés contre quatre, a annoncé son président Karamatullah Khan. Sa voix était couverte par des chants de parlementaires criant «Musharraf, dehors!».

Lundi, l'assemblée du Pendjab, la première province du pays, avait aussi adopté à une «forte majorité» une résolution anti- Musharraf le jugeant «inapte à occuper ses fonctions» et l'accusant d'avoir conduit le Pakistan dans une «grave impasse politique et économique». Les deux autres assemblées provinciales, celles du Sind et du Baloutchistan, devraient voter cette semaine.

Mais M. Musharraf a fait savoir lundi qu'il ne quitterait pas le pouvoir. L'assemblée nationale devrait se prononcer cette semaine sur un acte d'accusation visant l'ex-général à la tête d'une puissance nucléaire militaire musulmane et l'allié-clef des Etats- Unis dans leur «guerre contre le terrorisme».

Si les opposants de M. Musharraf parvenaient à le destituer, il s'agirait d'une première dans l'Histoire du Pakistan qui a passé la moitié de ses 61 ans d'existence sous la férule de généraux putschistes. (ats)

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