Centrafrique: Au moins trois morts à Bangui pendant la nuit
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CentrafriqueAu moins trois morts à Bangui pendant la nuit

Au moins trois personnes, dont un civil, ont été tuées par balle dans la nuit de vendredi à samedi à Bangui, en proie également à de très nombreux pillages.

Bangui n'a pas retrouvé la paix samedi, après la démission la veille du président Michel Djotodia qui laisse la Centrafrique sans exécutif jusqu'à l'élection d'un nouveau chef de l'Etat par le Parlement provisoire.

Trois personnes ont trouvé la mort dans la nuit de vendredi à samedi

Fuyant les violences et le climat de haine, les étrangers établis en Centrafrique, Tchadiens surtout mais aussi ouest-africains, continuent de quitter le pays en masse. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) organise de nouveaux vols à partir de samedi pour évacuer dans un premier temps 800 Tchadiens. Au total, 60'000 immigrés africains ont demandé de l'aide à leurs ambassades respectives, selon l'OIM. Samedi matin, au carrefour de la Réconciliation, au centre-ville, des pillards vidaient des commerces après avoir défoncé les portes, ont constaté des journalistes de l'AFP. Au moins deux personnes ont été blessées par balles pendant ces pillages.

«Il y a des pillages depuis hier (vendredi). Ce sont les magasins musulmans qui ont été pillés dans le secteur», a expliqué Berson, étudiant: «il y a beaucoup de Séléka (ex-rébellion, soutien de Djotodia) dans le coin. Il faut qu'on les désarme vite, sinon c'est un carnage», redoutait-il. Des scènes similaires se déroulaient dans d'autres secteurs de la capitale, quadrillée par les blindés français de l'opération Sangaris et des détachements de la force africaine (MISCA), ont constaté des journalistes de l'AFP.

Mosquée vidée et démembrée

Au quartier Bimbo, dans le sud, un groupe majoritairement composé de jeunes hommes vidait et démembrait une mosquée, emportant toiture et briques. «C'est impossible de vivre avec des musulmans. on ne veut pas des Arabes en Afrique centrale», lançait un des pillards, Béranger. Selon le président de la Croix-rouge centrafricaine, le pasteur Antoine Mbaobogolui, il y a eu «énormément de pillages» pendant la nuit. «Ceux qui ont été pillés à l'arrivée des Séléka (en mars, à la prise du pouvoir par M. Djotodia) pillent à leur tour. Pour eux, c'est le 14 juillet», a expliqué le pasteur.

Des tirs, entendus durant la nuit, ont fait au moins trois morts par balle: un civil, un «anti-balaka» (milicien hostile à l'ancien président) et un ex-séléka (combattant issu du mouvement de M. Djotodia), selon la Croix-rouge. Le président Djotodia, accusé par la communauté internationale de passivité face aux violences interreligieuses qui ont tourné en tueries de masse, a démissionné vendredi à N'Djamena sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale qui l'y avaient convoqué pour un sommet extraordinaire.

Nouveau président

Désormais sans exécutif, puisque le Premier ministre de transition Nicolas Tiangaye a lui aussi démissionné, la Centrafrique doit se trouver un nouveau président de transition. La tâche revient au Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), composé de 135 membres nommés après la prise de pouvoir en mars de M. Djotodia, issus des différents partis politiques, du mouvement Séléka, de la société civile et d'institutions publiques. Le CNT doit ouvrir une session spéciale en début de semaine pour élire le nouveau chef de l'Etat, une fois que la Cour constitutionnelle provisoire aura constaté la vacance du pouvoir.

Intérim pour 15 jours

L'intérim, 15 jours au maximum, sera assuré par le président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet. «Nous attendons que la Cour Constitutionnelle nous notifie la démission du chef de l'Etat de transition. C'est à partir de cet instant que je vais assumer la vacance (du pouvoir)» en vertu de la Constitution de transition, a-t-il expliqué vendredi. Le nouvel élu aura la lourde tâche de pacifier le pays, de remettre une administration totalement paralysée en état de marche et de permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux afin de pouvoir organiser des élections générales, que la France souhaite voir se tenir «avant la fin 2014».

(ats)

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