JO 2020 - Au Mont Fuji, Marc Hirschi est prêt à se mettre en ébullition
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JO 2020Au Mont Fuji, Marc Hirschi est prêt à se mettre en ébullition

Le Bernois, qui emmène un quatuor suisse ambitieux, est l’un des outsiders sur les pentes du volcan iconique japonais. Décryptage en trois points avant l’épreuve en ligne olympique (samedi à 4h).

par
Sylvain Bolt
(Tokyo)
Le tracé des Jeux olympiques de Tokyo convient à Marc Hirschi. 

Le tracé des Jeux olympiques de Tokyo convient à Marc Hirschi.

AFP

Pousser des watts sur le mont Fuji

Un départ dans la zone métropolitaine de Tokyo, puis direction l’ouest en direction de la région du mont Fuji. Le volcan iconique du Japon sera la toile de fond de ce tracé de 234 km pour 4865 mètres de dénivelé. Le premier des cinq sommets pointe le bout de son nez après 80 kilomètres: Doshi Road.

Puis le Kagosaka Pass avant de plonger dans une descente vertigineuse. «La surface de la route est impeccable, ça va descendre très rapidement, prévient Michael Schär. Dans l’ascension des pentes du mont Fuji, 14 km à 6%, ça va pousser de belles watts!»

«Ce parcours est taillé pour moi. Les Jeux, c’est un rêve de gosse. Ce sera le highlight de ma carrière jusqu’à présent!»

Marc Hirschi, cycliste suisse

Le peloton passera ensuite deux fois sur la ligne d’arrivée avant d’attaquer le Mikuni Pass dont le sommet se situe à une trentaine de kilomètres de l’arrivée. Ce pourrait bien être la pente de vérité: 6,8 kilomètres avec une pente moyenne de 10,2% et des portions à 20%. Après le dernier col (Kagosaka Pass), les cyclistes fonceront sur le circuit automobile «Fuji Speedway».


«C’est un parcours qui ressemble à Liège-Bastogne-Liège et qui risque bien de convenir à Marc Hirschi (ndlr: 2e en 2020), se réjouit Gino Mäder. Le final va être difficile, le groupe de tête devra arriver avec 2 ou 3 minutes d’avance pour s’imposer.»

Lors de la conférence de presse virtuelle, Hirschi ne se cache pas devant l’écran de son ordinateur: «ce parcours est taillé pour moi. Les Jeux, c’est un rêve de gosse. Ce sera le highlight de ma carrière jusqu’à présent!»

Tous pour Hirschi

La stratégie suisse est claire: tous pour Hirschi! Le leader bernois ressent pourtant quelques douleurs à l’épaule suite à sa chute lors de la première étape du Tour de France. «La forme est là, elle progresse. C’est plus une gêne quand je tends le bras, par exemple pour attraper ma musette, précise le médaillé de bronze des Mondiaux 2020. J’aurai besoin de l’aide de mes coéquipiers pour ces ravitaillements. Je compte sur eux.»

Dans le rôle des équipiers modèles: Michaël Schär et Stefan Küng. «Je suis là pour rouler pour Marc et Gino et leur amener les bidons», confirme Küng, qui comptera parmi les favoris du contre-la-montre de mercredi. «Je vais essayer d’ouvrir la course et de protéger au maximum Gino et Marc, assure Schär. Personnellement, j’ai une revanche à prendre après les Jeux de Londres 2012.»

Le plus expérimenté du quatuor avait rempli son rôle d’équipier à merveille sur les routes de la capitale anglaise. Mais Fabian Cancellara, pourtant idéalement placé, avait raté un virage et s’était écrasé au sol pas loin de l’arrivée.

«L’important, au final, c’est que l’un de nous deux roule pour une médaille»

Gino Mäder, cycliste suisse

«Je pense qu’il y aura des attaques assez rapidement, prévient Marc Hirschi. Les favoris vont tenter de partir dans l’ascension des pentes du Fuji. Avec Gino, on devra être présent dans ce groupe si on veut jouer la gagne.»

«L’important, au final, c’est que l’un de nous deux roule pour une médaille, résume Gino Mäder, vainqueur d’étape sur le Giro et le Tour de Suisse cette saison. Je vais tout donner pour l’équipe!» Marc Hirschi assume son rôle de favori, sans non plus faire monter la pression. «Bien sûr, j’aimerais imiter Fabian Cancellara (ndlr: 2e de la course en ligne aux Jeux de Pékin en 2008). Mais si je n’ai pas les jambes samedi, il est aussi possible que je dise à Gino (Mäder) de foncer. Il va falloir bien communiquer

Tadej, Wout, Remco et la chaleur

À Tokyo, chaleur et humidité sont les ennemis des athlètes. «Nous porterons des maillots plus légers en raison de la chaleur et de l’humidité. Ceux qui géreront mieux ce facteur vont gagner, explique Gino Mäder. On travaille avec de la glace, on boit beaucoup et on utilise des sprays. Il faisait 40° sur le vélo l’autre jour.»

Le bitume est brûlant et les adaptations vont jusqu’au matériel. «Je vais rouler avec moins de pression dans les pneus», précise le talent bernois.

«La dernière pente est très exposée au soleil, il faudra bien gérer son effort pour ne pas se griller»

Michael Schär

«La dernière pente est très exposée au soleil, il faudra bien gérer son effort pour ne pas se griller», précise le routinier Michael Schär.

Les adversaires ont aussi des noms: Tadej Pogacar, Wout van Aert ou Adam Yates. Sans oublier Remco Evenepoel, David Gaudu ou Primoz Roglic. Marc Hirschi, qui vient d’accompagner Pogacar vers le succès sur le Tour de France, a-t-il des conseils particuliers à donner sur le Slovène? «Non, tout le monde le connaît. Il faut espérer qu’il soit encore un peu fatigué du Tour de France et qu’il souffre de la chaleur, estime le Bernois. La course va être ouverte. Vingt coureurs peuvent s’imposer.»

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