Actualisé 27.10.2009 à 19:23

FantaisieAu pays de Jeunet l'enchanteur

Le papa d'«Amélie Poulain» récidive avec une fable bien de son cru.

von
Fred Ferrari

20minutes online.  En choisissant Dany Boon après les «Ch'tis», vous n'aviez pas peur qu'il fasse trop du Dany Boon?

Jean-Pierre Jeunet. Je crois qu'il n'en avait pas envie. Le public dit qu'on voit le personnage, Bazil, pas Dany Boon. Et il apporte beaucoup. Le truc qu'il fait avec les mains, ça vient de lui, il est le seul à le faire.

Le personnage de la môme Caoutchouc, la contorsionniste, a suivi...

Elle avait mal aux doigts à la fin! Et on la pliait, on la forçait... On a truqué avec une contorsionniste russe (Julia Gunthel), qui fait aussi des calendriers érotiques. Sur le plateau, quand elle s'échauffait, je peux vous dire que mon chef opérateur japonais était très ému. Et il n'était pas le seul.

Chaque personnage est une métaphore d'éléments du cinéma. Lequel vous a donné le plus de fil à retordre?

J'étais obligé d'essayer les acteurs un par un, je ne pouvais pas les avoir tous avant. Donc il fallait imaginer l'ensemble. Et puis, un jour, tout d'un coup, tout l'orchestre est là, ça devient la partition. C'est un moment magique.

Comment le titre sera-t-il traduit à l'étranger?

J'ai vu un truc pas mal, une affiche tchèque, «Galimatias». L'autre jour, à Toronto, Dany Boon a expliqué que c'était «Micmacs», pas «Big Macs»! On joue beaucoup avec la langue française, tout en sachant qu'on prend un risque énorme à l'étranger.

Si vous deviez entrer dans le Guinness, ce serait pour...

...le record du réalisateur qui a eu le plus de liberté. Quand je vois les carrières des autres, les Américains surtout, qui ont tellement souffert de compromis... Coppola avec «Le parrain», c'est effrayant. Moi, j'ai une liberté complète, à part sur «Alien», mais c'était la règle du jeu pour un film de commande.

Pourvu que ça dure...

Malheureusement le monde change. L'autre jour, j'ai vu un festival sur le thème «Les films qu'on ne pourrait plus faire aujourd'hui». Il y avait «Delicatessen»...

Micmacs à tire-larigot

Parce qu’il a reçu une balle dans la tête, Bazil est un survivant. Alors il se trouve une famille d’adoption: Placard, qui a échappé à la guillotine, Fracasse, homme-canon inscrit au Livre des records, Tambouille, qui a perdu ses deux filles dans une foire, la môme Caoutchouc, entre autres. Tous vont se plier en quatre pour aider Bazil à se venger des méchants fabricants d’armes qui ont fichu sa vie en l’air... Jeunet nous trousse une de ces fables douces-amères dont il a la recette, si familière dans son ambiance, et pourtant truffée de subtilités inédites.

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