Au pays des jets d'eau bouillante

Actualisé

Au pays des jets d'eau bouillante

Islande. Inutile d'aller bien
loin: aux portes de la capitale,
Reykjavik, volcans, geysers,
sources chaudes, lacs de cratères
et chutes d'eau invitent déjà
à l'aventure.

Geysir, 4 h du matin au mois de juin. La lumière de l'aurore éclabousse la pierre volcanique, sombre, et les fumerolles blanchâtres de reflets dorés. Les volutes s'étirent, s'envolent et renaissent inlassablement. La terre semble fumer, comme asphyxiée par un trop long incendie. Clapotis. De l'évent naît un gargouillis d'eau agitée, qui hoquette, ravale sa substance, avant de la cracher soudain.Toutes les cinq à dix minutes, l'eau surchauffée du Strokkur, chassée des entrailles de la terre par la pression, gicle en gerbes fantasques: 7 m, 8 m, 10 m, parfois 20 m, selon l'humeur du moment et les caprices du climat.

Plus impressionnant encore, le Grand Geysir voisin est apparu vers la fin du XIIIe siècle, si l'on en croit les sagas islandaises. Il cessa son activité au début du XXe: trop de curieux impatients avaient jeté des pierres dans sa bouche en espérant provoquer son éruption… Un séisme l'a réveillé en l'an 2000, mais il demeure capricieux. Si la chance sourit, si le brouillard n'oblitère pas la vue, on peut le voir projeter ses gerbes d'eau jusqu'à 80 m de haut.

Claude Hervé-Bazin

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