Lausanne: Au sortir de la pandémie, le CHUV veut ajouter des lits aux soins intensifs
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LausanneAu sortir de la pandémie, le CHUV veut ajouter des lits aux soins intensifs

Sous pression financièrement, le Centre hospitalier veut ouvrir sept places aux soins intensifs. Un crédit de 1,5 million a été demandé en pleine décrue du Covid.

par
Thomas Christen
Cette décision, si elle est approuvée par la commission des finances (COFIN), permettra de faire face à un afflux de patients en cas de crise. Ici, un patient hospitalisé aux urgences du CHUV en 2020, à la suite du Coronavirus.

Cette décision, si elle est approuvée par la commission des finances (COFIN), permettra de faire face à un afflux de patients en cas de crise. Ici, un patient hospitalisé aux urgences du CHUV en 2020, à la suite du Coronavirus.

Photo d’illustration: 24heures/Odile Meylan

Les hôpitaux universitaires accusent une perte cumulée de 80 millions de francs depuis 2020, tandis que le personnel soignant est en chute libre. Au lendemain de la pandémie et quarante ans après les grandes restructurations du système de santé suisse, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) a effectué une demande de crédit supplémentaire au Grand conseil pour faire de la place aux soins intensifs.

Face à l’évolution incertaine du Covid, les hôpitaux universitaires ont prévu deux méthodes pour se préparer à une possible suite mouvementée de cas du virus: «Nous sommes en discussion pour ouvrir des structures supplémentaires, notamment pour les soins intensifs et nous devons nous assurer que nos collaborateurs ont récupéré de la fatigue des épisodes de la pandémie», assure Philippe Eckert, directeur général du CHUV.

Une somme pour un matelas plus confortable

Si la demande doit encore être approuvée par la commission des finances (COFIN), le projet est sur le bon chemin et devrait permettre de faire face à un afflux soudain de patients en cas de crise. Ce modèle vise également l’amélioration des conditions de travail des infirmiers qui devraient voir leurs charges baissées aux soins intensifs, grâce au renforcement du personnel professionnel en formation, peut-on lire dans un communiqué.

«La prise en charge des patients dans le système sanitaire communautaire s’en est ressentie», analyse Rebecca Ruiz, vice-présidente de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS). Les surcharges dans les hôpitaux en 2021 avaient semé la panique du côté des systèmes sanitaires suisses. Le Conseil d’État s’est donc cette semaine prononcé en faveur d’un crédit supplémentaire de 1,5 million de francs nécessaire à l’ouverture de sept lits en soins intensifs au CHUV.

On est toujours plus intelligent après

Le nombre d’hospitalisations liées au Covid est en baisse régulière depuis mars dernier, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). La volonté du CHUV de renforcer sa capacité d’accueil aux urgences était déjà présente durant les épisodes de crise, puisque les hôpitaux avaient augmenté le total de ses lits.

Si le projet actuel ne pourra voir le jour qu’en octobre prochain, il intervient au saut du lit, et surtout à la suite d’une période de quarante années durant laquelle le système de santé helvétique a décidé de réduire le nombre d’infrastructures hospitalières (hôpitaux, lits).  En effet, jusqu’à 50% des lits d’hôpitaux ont été retirés depuis 1982 pour optimiser les coûts du système. Pour éviter à nouveau des surcharges lorsqu’en pleine croissance démographique, la population ne cesse de vieillir, la recherche de rééquilibre dans les hôpitaux est devenue une priorité derechef.

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