Actualisé 07.04.2006 à 15:56

Aurélien Clerc ne craint pas l'Enfer du Nord

Paris-Roubaix, le mythe. Une épreuve pas comme les autres. Fascinante, qui ne s'offre pas systématiquement à l'homme le plus fort du jour, mais qui est toujours remportée par un champion, un costaud, un courageux. Aurélien Clerc, le Vaudois de l'équipe Phonak, sera de la partie.

Une course que certains, peut-être un brin masochistes, apprécient, mais que d'autres fuient comme la peste. A l'image de cadors comme Gianni Bugno, Lance Armstrong ou Richard Virenque, qui n'en ont jamais pris le départ. Clerc fait partie de ceux que le défi ne rebute pas.

Le citoyen de Montreux (27 ans) aurait pu être dégoûté par sa première expérience, l'an dernier. Il avait rallié l'arrivée en 84e position, à 20'32'' du vainqueur, mais n'avait pas été classé: hors des délais. «J'avais tenu à finir, explique-t-il, pour emmagasiner de l'expérience. Et j'en ai été fier. Je sais désormais ce qu'est «l'Enfer du Nord».» Il avait vite découvert l'aspect impitoyable de cette course, étant victime de deux chutes, dont la 2e à 50 km de l'arrivée, où il avait passé par dessus le guidon.

De bien mauvais pavés

Deux jours après Gand-Wevelgem, Clerc et ses sept camarades de Phonak ont pris leurs quartiers à Compiège, où sera donné le départ dimanche. Ils se sont rendus sur le parcours pour effectuer à vélo une septantaine de km, entre Troisvilles et Wallers. Au programme donc, les onze premiers secteurs pavés. Et surtout la fameuse Trouée d'Arenberg, une ancienne drève longue de 2400 m, qui avait été abandonnée l'an dernier car trop dangereuse, mais réintégrée après d'importants travaux de «rajeunissement».

«C'est vraiment impressionnant, raconte Aurélien. Cette trouée, on l'aperçoit de loin et on plonge dedans à vive allure, à quelque chose comme 70 km/h. Les premiers et les derniers 500 m sont faits de très mauvais pavés, anguleux, coupants, qui ressortent. Là, s'il pleut, croyez-moi il se passera bien des choses. Le facteur chance pourrait de nouveau être déterminant.»

A la recherche de sa meilleure forme («Je ne suis pas encore complètement débarrassé de la sinusite qui m'a contraint à renoncer à Milan - San Remo»), Clerc ne désigne pas de favori pour dimanche, mais avoue son admiration pour Boonen: «Il dégage une impression de force exceptionnelle. Il surfe sur les pavés.»

Tous volontaires

Outre Clerc, le groupe Phonak sera représenté par les Suisses Martin Elmiger et Gregory Rast, le Slovène Uros Murn, le Sud- Africain Robert Hunter, l'Italien Fabrizio Guidi, l'Allemand Bert Grabsch et le Canadien Ryder Hesjedal.

«Sur des courses comme celle-ci, nous avons personne qui se différencie. Nous n'aurons donc pas de leader défini au départ», confie le manager général John Lelangue. «Mais tous ces coureurs sont volontaires, et ont demandé à venir. Ils seront donc motivés. Quant à la stratégie, ce sera d'essayer de nous placer dans l'échappée qui ne devrait pas manquer de se développer en début de course. L'histoire a montré que des coups partis le matin pouvaient aller fort loin. Voyez Florent Brard l'an dernier, il était dans la première fugue notable et il a terminé en 7e position.»

Comme la plupart des équipes, les coureurs de Phonak disposeront d'un matériel spécialement préparé pour les caractérisques de Paris- Roubaix, avec des cadres en aluminium, moins rigides que le carbone, des roues avec des jantes plates et des boyaux particulièrement soignés, car mis à sécher depuis le mois de janvier.

La confiance de Cancellara

Si les Phonak ne figureront pas dimanche dans la liste des principaux favoris, Fabian Cancellara, lui, va partir avec une grosse pancarte dans le dos. 4e en 2004, 8e l'an dernier, le Bernois ne cache pas son ambition et sa confiance: «je sais que je peux gagner», répète-t-il a l'envi. Lui aussi disposera d'un matériel conçu pour l'»Enfer du Nord.»

«Avec mon nouveau vélo, je vole sur les pavés» dit-il. Etre si bien équipé, me donne le moral. Il ne me manque plus que la chance. A ce sujet, le fait que je n'ai pas connu de crevaison lors de ma reconnaissance me paraît être un bon présage pour la course...» (si)

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