Suisse: Autogoal de Glarner avec une «fake news» en ligne?
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SuisseAutogoal de Glarner avec une «fake news» en ligne?

L'élu UDC affirme qu'un club a interdit les cervelas lors de sa fête de fin d'année par respect pour les enfants musulmans. Or comme ses dires ne peuvent pas être vérifiés, les internautes l'accusent de «faire de la provoc'» avec des informations inventées.

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daw/ofu
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Le conseiller national Andreas Glarner (UDC/AG) affirme avoir été contacté par une mère indignée par le fait que l'organisation de jeunesse de sa fille interdise de griller des cervelas par respect pour les enfants musulmans.

Le conseiller national Andreas Glarner (UDC/AG) affirme avoir été contacté par une mère indignée par le fait que l'organisation de jeunesse de sa fille interdise de griller des cervelas par respect pour les enfants musulmans.

Keystone/Anthony Anex
Il a relayé l'histoire sur Facebook. Or rapidement, les internautes ont commencé à avoir des doutes quant à la véracité de l'information.

Il a relayé l'histoire sur Facebook. Or rapidement, les internautes ont commencé à avoir des doutes quant à la véracité de l'information.

Capture d'écran
A tel point que le politicien a publié un second message sur le réseau socia, mercredi matin (4 juillet 2018). Dans celui-ci, il se défend et dit vouloir protéger l'identité de mère.

A tel point que le politicien a publié un second message sur le réseau socia, mercredi matin (4 juillet 2018). Dans celui-ci, il se défend et dit vouloir protéger l'identité de mère.

Capture d'écran Facebook.

Andreas Glarner essuie actuellement de vives critiques sur le web. Pour comprendre ce qui s'est passé, il faut revenir un jour en arrière, soit à mardi matin. Tout a en effet commencé avec un post publié à 11h42 précises sur Facebook. Dans son message, le conseiller national (UDC/AG) explique relayer les propos d'une mère «déçue». On l'aurait en effet informée que les cervelas étaient interdits à la fête de fin d'année organisée par l'organisation de jeunesse de sa fille. Pourquoi? Parce que la viande de porc ne peut pas être grillée à côté de la viande prévue pour les enfants musulmans. Les mères seraient tout de même autorisées à prendre leur propre gril si elles le souhaitent.

Selon le politicien argovien, qui ne donne pas davantage de détails, les faits se seraient produits dans une petite commune argovienne. Et comme il fallait s'y attendre, les commentaires n'ont pas tardé à fuser, écrit «20 Minuten». Mais outre les internautes «choqués qu'on ne puisse plus manger ce que l'on veut» et ceux «scandalisés de voir que certaines communautés ne s'adaptent pas à notre manière de vivre», nombreux sont ceux qui ont remis en cause la véracité de l'information.

«J'ai promis à la mère que j'allais la protéger»

Au fil des heures, les choses ont pris une telle tournure qu'Andreas Glarner s'est senti obligé de réagir une nouvelle fois sur le réseau social, mercredi matin. «Toutes les personnes naïves et de gauche affirment qu'il s'agit d'une «fake news» juste parce que la vérité est désagréable. J'ai promis à la mère que j'allais la protéger», écrit le politicien, qui avait déjà indiqué mardi qu'il tenait à conserver l'anonymat de la maman.

Information vraie ou fausse, l'Argovien semble s'être infligé un autogoal avec son histoire de cervelas. Car entre ceux qui l'accusent de propager une «fake news» et ceux qui estiment que «faire de la provoc' sans aucun fait avéré», il ne reste que très peu de personnes qui croient encore à l'interdiction du cervelas. La majorité des réactions tournent bel et bien autour des doutes qui planent sur la véracité de l'histoire.

Difficile de vérifier l'information

Impossible, pour l'heure, de savoir ce qui s'est réellement passé dans cette mystérieuse commune argovienne. Les efforts de nos confrères alémaniques pour vérifier les informations avancées par Glarner sont restées vaines.

Ex-syndic d'une commune qui préférait payer qu'accueillir des requérants

Andreas Glarner est l'ancien syndic de la commune argovienne d'Oberwil-Lieli. La localité avait fait parler d'elle en 2016 parce qu'elle avait refusé d'accueillir dix requérants d'asile. L'assemblée communale avait accepté à la demande du conseil communal d'inclure dans le budget 2016 la somme de 290'000 francs, afin de libérer la commune de son devoir d'accueillir des requérants. Après une longue résistance, elle avait finalement décidé de fournir un logement à une famille syrienne chrétienne de cinq personnes, en janvier 2017.

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