Actualisé 01.12.2017 à 13:14

Fribourg«Autoritarisme» dénoncé par certains profs de l'Uni

La hausse des taxes pour les étudiants annoncée récemment continue à faire des vagues. La rectrice est sous le feu de la critique.

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Prise dans la tourmente, la rectrice de l'Uni de Fribourg, Astrid Epiney, assure que la hausse des taxes estudiantines a fait l'objet d'un dialogue.

Prise dans la tourmente, la rectrice de l'Uni de Fribourg, Astrid Epiney, assure que la hausse des taxes estudiantines a fait l'objet d'un dialogue.

Keystone

Début novembre, le canton de Fribourg annonçait que la taxe d'inscription à l'université allait augmenter de 180 francs par semestre dès l'année académique 2018-2019 et passer à 720 francs, soit une hausse de 33%. Cette hausse a suscité la colère des étudiants, laquelle s'est traduite par des manifestations et une pétition. Elle a aussi parfois pris le tour d'attaques personnelles contre la rectrice.

Mais Astrid Epiney est également critiquée par une partie des profs, selon «La Liberté», qui dénoncent sous couvert d'anonymat son autoritarisme. La nouvelle loi, entrée en vigueur en 2015, qui a donné davantage de compétences décisionnelles au rectorat serait au coeur du problème. Le quotidien relate ainsi plusieurs cas où les Facultés ont subi des pressions, voire ont été désavouées, au moment de nommer de nouveaux professeurs.

Manque de collégialité

S'exprimant pour sa part publiquement, Gilbert Casasus, professeur en études européennes, évoque un malaise au sein de l'institution et regrette que la «tradition très helvétique de collégialité» ne soit pas respectée. Il estime également que les étudiants auraient dû être écoutés, plutôt que de leur imposer avec autorité cette hausse des taxes.

La fronde contre Astrid Epiney n'est toutefois pas généralisée. Ainsi, toujours selon «La Liberté», les doyens des cinq Facultés ont affirmé jeudi dans un communiqué commun qu'il était faux de prétendre, comme l'aurait fait un collectif d'étudiants, qu'ils étaient opposés unanimement à l'augmentation des taxes. Ils ont aussi contesté subir des pressions émanant du rectorat et ont tenu à prendre leurs distances avec les attaques publiques visant la rectrice.

«Il y a eu dialogue»

Interrogée par le quotidien fribourgeois, Astrid Epiney assure avoir cherché le dialogue avec toutes les parties concernant l'augmentation des taxes. «Il est vrai que tout le monde n'a pas été d'accord, mais nous avons effectué une pesée d'intérêts.» Elle souligne qu'un travail est effectué avec l'Association générale des étudiants de l'Université de Fribourg pour améliorer l'accès au service Uni-Social, qui permet aux étudiants de bénéficier de réductions ou d'exemptions de la taxe, en fonction de leur revenu mensuel, dont le seuil pourrait être augmenté de «manière significative» afin d'aider ceux qui seront impactés par cette hausse des taxes.

Concernant les attaques personnelles dont elle fait l'objet, la rectrice dénonce des reproches qui ont «pris des traits peu rationnels».

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