Actualisé 16.07.2015 à 20:00

LausanneAutorités mal à l'aise avec les «mendiants à chiens»

Le phénomène a alerté le vétérinaire cantonal. Si la maltraitance n'est pas attestée, la pratique est limite aux niveaux légalité et éthique.

de
Francesco Brienza
Les soupçons de mauvais traitements étaient infondés.

Les soupçons de mauvais traitements étaient infondés.

Une fondation active dans la protection des animaux avait lancé l'alerte dimanche: des mendiants roms se servent de toutous qu'ils drogueraient afin d'attendrir les passants. Informé, le vétérinaire cantonal a pris l'affaire au sérieux. Il a procédé à des contrôles toute la semaine. Son diagnostic est clair. «Nous pouvons confirmer l'émergence d'un micro-phénomène de mendicité avec chien, indique Giovanni Peduto. Mais nous n'avons pas constaté de maltraitance. Les trois individus repérés étaient au contraire à jour avec leurs vaccinations, à l'ombre, et disposaient d'une écuelle d'eau.»

Reste que tendre la main est une pratique très réglementée dans la capitale vaudoise. En 2013, de nouvelles dispositions truffées de subtilités sont entrées en vigueur, notamment autour de la mendicité dite «active» ou accompagnée de mineurs. Mais elles sont muettes sur la question des animaux. «D'un point de vue éthique, je comprends qu'on puisse être choqué, indique le conseiller communal PLR Mathieu Blanc. Juridiquement, on peut aussi se demander ici si le rôle du chien n'est pas justement actif.» Il rappelle toutefois que des mendiants «locaux» utilisent cette tactique depuis toujours.

La secrétaire générale du dicastère de la sécurité publique fait savoir qu'une loi cantonale plus restrictive est en cours d'élaboration au Grand conseil à propos de la mendicité. «D'ici là, il ne sert à rien de se pencher de nouveau sur notre règlement.»

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