Actualisé 27.07.2011 à 17:00

Fusillade en Norvège«Autour de moi tout le monde mourait»

«C'était un massacre: Jo Granli Kallset, 15 ans, a la voix qui tremble lorsqu'il raconte la fusillade d'Utoeya et la «traque» dont il est ressorti vivant avec sa petite amie de 17 ans, blessée à la poitrine.

Assis avec une amie sur un banc au soleil devant l'hôpital Ulleval où il est venu voir sa petite amie, Jo Granli Kallset, T- shirt blanc, jeans et baskets, est encore sous le choc.

Il ne souhaite pas parler de sa petite-amie, dont il taira le nom. En cherchant ses mots, le regard dans le vague, il raconte.

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«C'était horrible, nous étions traqués», relate le jeune homme qui explique qu'il s'est «caché» avec d'autres jeunes sur l'île lorsque les tirs ont commencé.

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«Il (le tireur) est venu vers nous, il était habillé comme un policier. Il avait tout l'équipement, le talkie walkie, les armes, tout», assure Jo Granli Kallset, encore effrayé. Son amie lui pose la main sur l'épaule pour l'encourager.

«Je suis la police»

«Il a dit je suis la police, il y a un bateau au coin de l'île , j'ai répondu salut, nous sommes ici , et deux secondes après il a tiré sur le rocher devant moi, j'ai sauté à l'eau», se souvient-il.

«C'était un massacre, autour de moi tout le monde mourait, j'ai nagé environ une heure, et quand tout était presque terminé, j'ai nagé vers d'autres personnes qui s'étaient rassemblées et nous avons été pris en charge par un bateau», ajoute-t-il.

Sa petite amie a été «blessée à la poitrine par les balles Dum Dum qui explosent quand elles vous touchent». Il est rassuré, «elle va bien, elle peut marcher», «elle n'a pas eu besoin de chirurgie lourde pour retirer la balle, maintenant elle a besoin de temps pour que cela guérisse».

«Ma petite amie et moi ainsi que deux autres personnes avons survécu», souffle le jeune homme qui se souvient des gens qu'il a vu mourir.

«C'est dans ma tête que ça a fait des dégâts» ajoute Jo Granli Kallset pour qui «il faut maintenant aller de l'avant». «C'est le plus important, dans les jours à venir, nous devons penser à ceux qui sont morts, aller aux funérailles et ensuite, aller de l'avant», assure-t-il d'une voix faible.

«Nous devons participer à des réunions, au bowling...ce genre de choses. La plupart d'entre nous vont à l'école, c'est important de continuer notre vie», conclut-il.

Jo Granli Kallset sourit un peu, un sourire triste, avant de se lever pour rejoindre sa petite amie.

(ats)

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