Autriche: Jörg Haider, le retour
Actualisé

Autriche: Jörg Haider, le retour

Le dirigeant populiste autrichien Jörg Haider va mener la liste de son parti BZÖ aux élections législatives anticipées du 28 septembre.

Il effectue ainsi un retour sur la scène politique nationale, qu'il avait quittée en 2000.

«Il n'y a pas d'autre tête de liste. Toute autre personne nuirait au BZÖ» (Alliance pour l'avenir de l'Autriche), a déclaré samedi le président du parti Peter Westenthaler à l'agence de presse autrichienne APA. Il a également souhaité que Jörg Haider reprenne la présidence du parti.

Interrogé peu avant cette déclaration par la radio publique ÖRF, M. Haider était resté plus prudent quant à sa candidature. «Nous présenterons une équipe attractive et je pourrais, bien entendu, apporter quelque chose», surtout «après le discrédit total du gouvernement de grande coalition» réunissant les sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens, s'était-il borné à indiquer.

L'échec du gouvernement de «grande coalition» a provoqué la dissolution du Parlement et les législatives anticipées de septembre.

Un avis sur tout

Gouverneur de la province de Carinthie (sud-est) depuis 1999, Jörg Haider, âgé de 58 ans, dont la personnalité forte et controversée a marqué la vie politique autrichienne des vingt dernières années, avait quitté la scène nationale en 2000.

Il jouait néanmoins toujours un rôle important, donnant un avis tonitruant sur toutes les questions politiques du moment, de la nécessité de baisser les prix des carburants à un net durcissement vis-à-vis des immigrés, accusés de tous les maux, en passant par la dénonciation permanente de «la corruption des grands partis».

Son retour sur le devant de la scène fait également suite à des ennuis judiciaires de Peter Westenthaler: ce dernier a écopé de neuf mois de prison avec sursis pour faux témoignage lors du procès d'un de ses gardes du corps, accusé d'avoir molesté un militant lors d'une soirée électorale en 2006.

En 2000, la formation de M. Haider - alors FPÖ, dont il a depuis fait scission - était entré au gouvernement dirigé par les conservateurs démocrates-chrétiens. Cela avait provoqué la colère de certains dirigeants européens, pour qui «le tabou» de l'alliance avec l'extrême-droite avait été rompu. (ats)

Ton opinion