Genève: Aux urnes pour un billet de bus 20 centimes plus cher

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GenèveAux urnes pour un billet de bus 20 centimes plus cher

Les Genevois sont de nouveau appelés aux urnes pour définir le prix de leurs transports publics. Deux visions s'affrontent.

par
Julien Culet
Il y a trois ans, les Genevois payaient leur billet 3,50 francs.

Il y a trois ans, les Genevois payaient leur billet 3,50 francs.

Keystone/Martial Trezzini

Dans une semaine, les Genevois devront décider s'ils augmentent les tarifs des transports publics (TPG). Après avoir fait baisser de 50 centimes le prix du billet de base en 2014, accepteront-ils de le relever de 3 fr. à 3,20 fr. le 21 mai? L'abonnement annuel passerait lui de 500 fr. à 550 fr.

Pour les opposants, l'Etat «se moque de la volonté populaire» exprimée il y a trois ans, estime Pascal Spuhler, député MCG. En affirmant qu'un refus dans les urnes entraînerait une baisse des prestations, «le Conseil d'Etat exerce un chantage, selon l'élue socialiste Caroline Marti. Il a choisi la facilité en jouant sur les tarifs alors qu'il n'a jamais envisagé de hausse des subventions».

Le ministre des transports PDC Luc Barthassat exclut en effet cet issue pour maintenir le financement des TPG, qui affichaient 7,6 millions de perte en 2016. «C'est comme si on faisait payer la vignette autoroutière à ceux qui ne prennent pas l'autoroute», illustre le magistrat, qui demande aux usagers de «faire un effort modéré». Il se défend de vouloir revenir sur le vote de 2014: «Nous avons toujours dit que nous ferions un bilan après un an. Or il n'y a pas eu de hausse suffisante des abonnements qui aurait pu amortir la baisse des tarifs.»

La députée PLR Nathalie Fontanet va dans son sens. «Le budget du Canton n'est pas extensible. La hausse est nécessaire. Et les prix resteraient extrêmement compétitifs par rapport aux autres cantons», estime-t-elle.

Une alternative proposée par la gauche

Une alternative proposée par la gauche

Opposés à la hausse des tarifs, le Parti Socialiste, Ensemble à Gauche et le MCG présentait jeudi un projet de loi pour revenir à l'offre de prestations d'avant le vote de 2014. Le texte prévoit notamment que toute baisse de tarifs serait compensée par une hausse de la subvention allouée aux TPG. «Nous voulons déjà stopper cette spirale négative, explique le député PS Thomas Wenger. Même si nous souhaitons le développement du réseau.»

Succession de scrutins et de recours

C'est la 3e fois en quatre ans que les Genevois doivent voter sur les tarifs des TPG. Le peuple a une première fois accepté la baisse voulue par l'association d'aînés Avivo en 2013. Le scrutin avait été annulé peu après pour une question de forme. Le texte corrigé a été de nouveau accepté en 2014 et les tarifs sont entrés en vigueur en décembre de cette année-là. Des recours ont entraîné une longue bataille juridique. Ils ont été écartés par le Tribunal fédéral en septembre dernier.

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