Genève: «Aux Vernets, on distribuait 3100 colis, là on en donne 4200»
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Genève«Aux Vernets, on distribuait 3100 colis, là on en donne 4200»

Toujours très sollicitée, la Fondation des Colis du Cœur pourra prolonger ses distributions en Ville de Genève et à Thônex jusqu’à fin mars, et jusqu’en juin à Vernier.

par
Léonard Boissonnas
Au printemps, les distributions de nourriture aux Vernets avaient marqué les esprits par leur ampleur. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

Au printemps, les distributions de nourriture aux Vernets avaient marqué les esprits par leur ampleur. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

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L’aide alimentaire pour les plus précaires se poursuit à Genève. Prévue jusqu’à la fin de l’année, la mise à disposition de la salle du Palladium à la Fondation des Colis du Cœur a été prolongée jusqu’au 31 mars, à raison de deux jours par semaine, les mercredis et jeudis. Le Conseil administratif de la Ville a répondu positivement à une demande de la Fondation. Celle-ci organise des distributions sur quatre sites au total: le Palladium, le site de Caran d’Ache, à Thônex, prolongé aussi jusqu’à fin mars, la paroisse Pie X, à Vernier, jusqu’au mois de juin, ainsi que les locaux des Colis du Cœur, à Carouge.

Pas de baisse en 2021

Le directeur de la Fondation, Pierre Philippe, souligne que la mise à disposition de ces locaux permet d’offrir visibilité et stabilité aux Colis du Cœur, qui continuent à être très sollicités: «La semaine passée, 6751 personnes ont bénéficié d’une aide et 4210 colis ont été distribués, indique-t-il. À titre de comparaison, avant le Covid, on pouvait compter 3500 bénéficiaires, donc cela a presque doublé. On est à peu près à 6000 personnes aidées en moyenne par semaine depuis juin, et cela ne devrait pas baisser drastiquement en 2021, c’est notre hypothèse».

Plus grave qu’au printemps

Pierre Philippe explique que, depuis les distributions centralisées aux Vernets au printemps, le problème s’est aggravé: «On a tous été émus et choqués par les images des queues aux Vernets, mais on avait distribué 3100 colis au plus haut, là on en donne 4200», relate-t-il. Selon l’enquête menée par Médecins sans frontières et les HUG aux Vernets, 37% des bénéficiaires disaient avoir dû réduire leur alimentation au niveau qualitatif et quantitatif. «On continue ce travail d’enquête et début décembre, ce chiffre est monté à 80%, rapporte le directeur des Colis du Cœur. Aux Vernets, 27% disaient avoir dû réduire la qualité et la quantité de l’alimentation de leur enfant. Selon notre enquête, cette part est passée à 41%. Cela montre qu’il y a plus de précarité et que les situations sont beaucoup plus graves qu’au printemps.»

«Working poor»

Le profil des bénéficiaires n’a en revanche pas changé depuis: «working poor, personnes issues de l’économie domestique, de la restauration ou encore des intérimaires. La Fondation des Colis du Cœur compte plus de 320 bénévoles actifs, dont 200 présents chaque semaine. Si, au printemps, la population apportait de la nourriture aux Vernets, les Colis du Cœur collaborent depuis avec la Fondation Partage. «Une attention particulière est portée sur la valeur nutritionnelle et énergétique des aliments distribués, relate Pierre Philippe. On travaille sur une norme Fourchette Verte, et l’Union maraîchère de Genève fournit fruits et légumes.»

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