Fanny Ruwet a mal vécu sa première scène
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Fanny Ruwet«Avant ma première scène, j’avais envie de crever»

Le fait de se produire devant un public était loin d’être une évidence pour l’humoriste belge Fanny Ruwet.

par
Julienne Farine

Partie de sa Belgique natale, Fanny Ruwet, 27 ans, s’est fait un nom sur les scènes et les ondes de France, de Suisse et du Canada. Le 12 mai 2022, elle présentera son spectacle «Bon anniversaire Jean», au Casino Théâtre de Genève.

Qui est le Jean du titre de votre spectacle?

C’est un garçon avec lequel j’étais au collège. C’était le gars populaire et, un jour, il m’a invitée à son anniversaire. J’étais trop contente, sauf que quand je suis arrivée, on a réalisé qu’il avait interverti deux numéros de téléphone et qu’il m’avait invitée par erreur. C’était très gênant. Le spectacle est un peu construit  autour de ça et j’y greffe d’autres histoires tout aussi problématiques.

C’est un spectacle sur toutes les situations un peu gênantes que vous avez vécues?

Je n’ai pas pu toutes les mettre pour des raisons de temps (elle rit). Mais oui, beaucoup de moments durant lesquels je ne me suis pas sentie à ma place et où j’ai dû me démerder comme je pouvais pour essayer de faire semblant que ça allait.

Qu’est-ce que ça fait de revivre ces situations sur scène, devant plein de gens?

Je les revis, mais en bien. Comme je les raconte et que j’ajoute des blagues, je reprends le contrôle et ça devient quelque chose que je maîtrise.

Vous êtes sur scène, vous faites des podcasts, des chroniques à la radio, vous écrivez des séries. Pourquoi autant d’activités?

Parce que j’ai peur du vide (elle rit). En vrai, je n’aime pas avoir de temps libre, ça m’angoisse. Et je préfère ne pas avoir toutes mes frites dans le même sachet. L’écriture est très différente selon les supports. Ça me plaît beaucoup. Et vu que ce n’est pas un milieu très stable, c’est bien d’avoir la possibilité de me dire que si l’un s’arrête, j’ai les autres.

Vous craignez que tout s’arrête?

Ce n’est pas une crainte, mais dans le doute…

C’est par la scène que vous avez commencé?

Non, au début, je faisais de la radio en Belgique. Un bout d’un moment j’avais un peu fait le tour et j’ai commencé à monter sur scène et à imaginer des podcasts en parallèle. C’est seulement après que j’ai commencé les chroniques humoristiques en radio. La scène n’était pas le truc le plus évident pour moi. Ce n’était pas du tout en cohérence avec ma personnalité parce que j’étais du genre à être très timide, dans mon coin.

Comment ça s’est passé la première fois que vous vous êtes produite devant un public?

Avant ma première scène, j’avais envie de crever. J’avais mal au ventre, envie de vomir. Je me disais: «Mais pourquoi je m’inflige ça alors que je pourrais être dans mon lit en train de checker Netflix?» Et je l’ai fait. Ce n’était pas excellent, comme toutes les premières scènes, mais j’ai réalisé qu’il y avait des choses marrantes, des choses dans lesquelles je pouvais m’améliorer. J’ai fait une deuxième scène pour voir, puis une troisième, une quatrième et au bout d’un an ça payait mon loyer et ça me plaisait toujours autant.

Pour faire carrière en France, c’est un avantage ou un inconvénient de venir de Belgique?

C’est totalement un avantage. C’est plus facile d’être dans le top dix des humoristes belges pour se faire remarquer en France que de démarrer en France et d’être face à un milliard de personnes. En Belgique, on est douze, donc on est vite dans le top dix.

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