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Coronavirus Avec 2 millions de cas, l’Espagne serre la vis mais exclut un confinement total

Traumatisé par les conséquences du confinement du printemps, le pays se montre moins stricte depuis la fin de la première vague de l’épidémie.

La situation sanitaire suscite «une très grande préoccupation», a indiqué jeudi le ministre de la Santé Salvador Illa lors d’une conférence de presse (photo d’illustration). 

La situation sanitaire suscite «une très grande préoccupation», a indiqué jeudi le ministre de la Santé Salvador Illa lors d’une conférence de presse (photo d’illustration).

NurPhoto via AFP

L’Espagne a dépassé jeudi la barre des deux millions de cas et voit ses régions durcir localement les mesures sanitaires, mais le gouvernement central a exclu un confinement généralisé, une stratégie qui contraste avec celle d’autres pays européens.

Selon le dernier bilan publié par les autorités, le pays, qui fait face comme ailleurs à une recrudescence des infections après les fêtes de fin d’année, a recensé depuis le début de la pandémie 2’024’904 cas confirmés et 51’675 morts. Ce bilan des contaminations est toutefois sous-évalué, une étude de séroprévalence présentée par le gouvernement mi-décembre ayant indiqué que dix pour cent de la population, soit environ 4,7 millions de personnes, avait contracté le virus.

Moins stricte

La situation sanitaire suscite «une très grande préoccupation», a indiqué jeudi le ministre de la Santé Salvador Illa lors d’une conférence de presse. L’Espagne a notamment recensé une soixantaine de cas confirmés du variant britannique du Covid-19, plus transmissible et qui inquiète la communauté internationale, et étudie «beaucoup d’autres» cas suspects, a détaillé le ministère de la Santé.

Pour autant, a ajouté M. Illa, le gouvernement «n’a pas en tête» d’ordonner un strict confinement, alors que la Castille-et-Léon, région du centre du pays, a réclamé l’instauration d’une telle mesure durant une courte période.

Selon M. Illa, l’éventail de mesures autorisées dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, en vigueur jusqu’en mai, est suffisant pour lutter contre la pandémie. Une stratégie qui contraste avec celle d’autres pays européens comme le Royaume-Uni ou l’Irlande, de nouveau confinés, ou la France, qui a reconfiné sa population en fin d’année dernière. Traumatisée par les conséquences du confinement du printemps, l’un des plus sévères au monde, l’Espagne est moins stricte depuis la fin de la première vague de l’épidémie.

Restaurants et théâtres ouverts

Les bars et restaurants, tout comme les lieux culturels (cinémas, théâtres), sont ainsi actuellement ouverts dans la quasi-totalité du pays mais ont vu leurs horaires restreints et leurs taux d’occupation drastiquement réduits. Le sujet divise toutefois l’opinion, près de 60% des Espagnols estimant que les autorités devraient prendre des mesures «plus strictes», selon un sondage de l’institut d’enquêtes gouvernemental CIS publié jeudi.

Depuis le début de l’année, les exécutifs régionaux, compétents en matière de santé publique, ont durci leurs mesures, avançant parfois le couvre-feu, fermant les bars et restaurants plus tôt ou retardant la rentrée des classes. Ainsi, la Catalogne (nord-est), une des régions les plus peuplées du pays, interdit depuis jeudi matin à ses habitants, dont ceux de la métropole de Barcelone, de sortir de leur municipalité sans raison valable.

Cette région a également décrété la fermeture totale des centres commerciaux et des gymnases, et des commerces non essentiels les week-ends. Elle autorise les restaurants à ouvrir à l’heure des repas dans la journée mais pas le soir. Enfin, les élèves retourneront en classe le 11 janvier, pour retarder le plus possible leur retour après les réunions familiales de Noël. Depuis des semaines, la plupart des régions ont par ailleurs bouclé leurs frontières, interdisant d’y entrer ou d’en sortir sans raison valable.

Moins restrictive, la région de la capitale Madrid ne boucle, elle, que les zones ou quartiers les plus touchés par l’épidémie et n’applique un couvre-feu que de minuit à 6H du matin. Seule l’Estrémadure (sud-ouest), qui affiche le taux d’incidence le plus élevé du pays, a fermé dans plusieurs villes les bars, restaurants et commerces non essentiels pour une semaine. Enfin, à Ibiza, capitale de la fête sur les îles Baléares, le couvre-feu a été avancé à 22h et les bars et restaurants n’ont le droit d’accueillir des clients qu’en terrasse.

200’000 doses injectées

Le pays a démarré sa campagne de vaccination le 27 décembre, à l’instar de la majorité des pays de l’Union européenne. Plus de 200’000 doses du vaccin Pfizer-BioNTech ont déjà été injectées, selon les derniers chiffres officiels.

Et d’ici «7 à 10 jours», l’Espagne prévoit de recevoir les premières doses du deuxième vaccin autorisé dans l’Union européenne, celui du laboratoire américain Moderna. Au total, le pays espère disposer de «600.000 doses» de ce vaccin dans les six prochaines semaines. L’objectif du gouvernement est d’avoir vacciné environ 70% des 47 millions d’Espagnols cet été.

(AFP)

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