La chronique de Jean-Jacques Aeschlimann (VII): «Avec Bykov, les Russes prennent désormais du plaisir en jouant»
Actualisé

La chronique de Jean-Jacques Aeschlimann (VII)«Avec Bykov, les Russes prennent désormais du plaisir en jouant»

Ancien joueur professionnel, aujourd'hui reconverti comme manager général d'Ambri-Piotta, Jean-Jacques Aeschlimann tire, pour 20 minutes online, un bilan sur ces Mondiaux désormais terminés.

«Avec le Canada et la Russie, on avait bien les deux meilleurs équipes actuelles en finale. Et, au vu de l'ensemble du tournoi, la victoires des Russes est amplement méritée. Ils avaient un bagage technique supérieur.

Slava Bykov est un entraîneur qui possède une très grande expérience du hockey sur glace. Par rapport à ses prédécesseurs, il a l'avantage d'avoir évolué longtemps en dehors de la Russie. Cela lui permet d'être beaucoup plus ouvert sur certains points. Ayant eu l'occasion par le passé, lorsque j'étais encore joueur, d'affronter les Russes, je remarque que depuis l'arrivée de Bykov à la tête de l'équipe nationale, l'équipe prend beaucoup plus de plaisir dans le jeu. On dirait presque qu'ils s'amusent sur la glace. Avant, ils affichaient une attitude beaucoup plus crispée. N'oublions pas que le hockey sur glace reste avant tout un jeu et que la notion de plaisir doit être l'une des composantes.

Sur l'ensemble du tournoi, je retiens que certains matches ont été très bons, comme la finale, qui a été exceptionnelle, ou encore Russie - Etats-Unis (demi-finale), incroyable d'intensité. D'autres parties ont par contre été carrément médiocres. Au niveau de l'organisation, je leur tire un grand coup de chapeau. Il est sans aucun doute plus facile de mettre sur pied un tel événement dans un pays qui est une vraie nation de hockey. Mais il est dommage que le public n'ait pas plus répondu présent, en dehors des matches de la Suisse et de la phase finale. J'aurais aimé voir un peu plus de monde dans les gradins lors de certains matches, ce qui aurait témoigné du réel intérêt du public suisse pour le hockey.

La presse n'a pas hésité à parler de fiasco pour qualifier la prestation des Suisses dans son Mondial. Personnellement, je trouve le terme un peu fort. Les joueurs ont lutté, ils ont fait se qu'ils pouvaient, avec, certes, l'échec au final. Mais n'oublions pas que l'équipe qui joue devant son public doit faire face à toute un série de 'distractions'. Il n'est pas évident de garder toute sa concentration sur le jeu. D'ailleurs, depuis 1986, plus aucune nation n'a réussi à gagner 'son' Mondial.

Ce n'est toutefois pas une excuse, soyons clair, les objectifs n'ont pas été atteints. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu'il s'agit d'un fiasco. Avant tout, les Suisses sont passés à côté de leur match contre la Lettonie, une équipe qui a été sous-estimée par un peu tout le monde.»

Propos recueillis par Catherine Muller

Ton opinion