Genève: «Avec du chlore à Lausanne il y aurait eu des morts»
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Genève«Avec du chlore à Lausanne il y aurait eu des morts»

Les Verts ont déposé une pétition demandant l'arrêt du transport du chlore par le rail. Le récent accident de Daillens renforce leur propos.

par
Jérôme Faas

«Malheureusement, on voit aujourd'hui que le risque existe.» L'accident de train de Daillens (VD) a donné du grain à moudre aux Verts et à la présidente de leur section genevoise, Lisa Mazzone. Ils se battent depuis le début de l'année pour interdire le transport de chlore par le rail. Ce lundi, ils ont adressé aux autorités fédérales une pétition munie de 2188 signatures genevoises, vaudoises et valaisannes.

Les 25 tonnes d'acide sulfurique qui se sont déversées dans le sol le 25 avril à proximité de Cossonay (VD) ont conforté leur position. «On a de la chance qu'il ne se soit agit «que» d'acide sulfurique, estime ainsi Martial de Montmollin, président des Verts vaudois. Le même accident à Lausanne avec du chlore aurait conduit à des milliers d'évacuations, voire des morts.» C'est ce qu'ont voulu symboliser les écologistes ce lundi à la gare Cornavin, jouant sur le trottoir une scène d'accident chimique entraînant son lot d'asphyxies.

«L'urgence est criante»

En mars, le Conseil national, divisé sur la question, avait refusé un amendement de la Verte Anne Mahrer réclamant la restriction du transport de marchandises dangereuses à travers les agglomérations. Dans la foulée, la conseillère fédérale Doris Leuthard avait annoncé la création d'un groupe de travail sur la question. «On voit maintenant que l'urgence est criante, plaide Lisa Mazzone. Il faut des mesures immédiates, et non tergiverser en créant diverses structures.»

Peur pour l'emploi

Pour l'heure, le chlore est amené par le rail depuis Lyon jusqu'en Valais, à Monthey et à Viège. Auparavant, les entreprises utilisatrices le produisaient sur site. Elles y ont renoncé pour des questions de coûts. Les conseillers nationaux craignent qu'un retour à la situation antérieure soit néfaste pour l'emploi. «Il faut dorénavant que l'intérêt public et la santé de la population prime dans les discussions», martèlent Lisa Mazzone et Martial de Montmollin. «Le transport de chlore est totalement interdit par la route, appuie l'élu saconnésien Pierre Eckert. C'est bien la preuve qu'on a remarqué qu'il s'agit d'un truc extrêmement dangereux...»

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