Actualisé 24.02.2016 à 12:38

FIFAgateAvec le choix du Qatar, «tout ça s'est effondré»

C'est à partir du moment où le Qatar a été choisi que «tout s'est effondré», estime le président suspendu de la FIFA Sepp Blatter, dont le successeur sera choisi vendredi à Zurich.

«Quand le Qatar a gagné (pour l'organisation de la Coupe du monde 2022, ndlr), je me suis dit: 'les difficultés commencent'», déclare Sepp Blatter dans une interview parue mercredi dans L'Equipe, où il tacle par ailleurs Michel Platini, «devenu un peu méchant».

C'est à partir du moment où le Qatar a été choisi que «tout s'est effondré», estime le président suspendu de la FIFA, dont le successeur sera choisi vendredi à Zurich.

Le Qatar a été désigné par la FIFA le 2 décembre 2010 pour accueillir la Coupe du monde 2022, en recueillant 14 voix contre 8 aux Etats-Unis au 4e et dernier tour. C'est le jour où tout a basculé pour la FIFA, ou presque. «J'ai compris dix jours avant (que le système allait bientôt sombrer), quand Michel Platini (président de l'UEFA, ndlr) m'a téléphoné amicalement pour me dire qu'il avait eu cette réunion avec Nicolas Sarkozy (alors président de la France) et le prince héritier du Qatar», relate Sepp Blatter. Platini aurait ajouté que «quand un chef d'Etat te demande quelque chose, tu ne peux pas refuser. Il y a des voix qui vont partir», ajoute Sepp Blatter.

A partir de là, le dirigeant valaisan a senti que «ce serait très difficile». A ses yeux, cela aurait été bien que «les deux grands blocs organisent chacun leur Coupe du monde». La Russie a eu celle de 2018, les Etats-Unis n'ont pas obtenu la suivante. «Si on avait voté comme prévu pour les Etats-Unis, les Américains n'auraient pas eu de raison d'attaquer la FIFA. Et moi, j'aurais fini mes quatre années de mandat tranquillement.»

Lèse-majesté à l'Euro 2008

Sepp Blatter - suspendu 8 ans de toute activité dans le football après avoir présidé la puissante organisation pendant 18 ans - revient sur la date clé du 27 mai 2015, quand il y a eu «cet attentat au Baur au Lac», comme il le dit. Un épisode qui lui a laissé un goût «très amer»: sous les ordres du FBI, la police suisse a arrêté sept hauts dirigeants de la FIFA lors d'une opération à l'aube dans cet hôtel de luxe. «Ce jour-là, je me suis dit: 'même le bon Dieu m'a abandonné', évoque le très croyant Sepp Blatter. «La ministre de la Justice américaine et le FBI ont présenté la FIFA comme une association de mafiosi. C'est la raison pour laquelle quelques jours après (le 2 juin), j'ai mis mon mandat à disposition», précise Sepp Blatter, qui a eu beaucoup de mal à encaisser cette immixtion américaine et l'aval des autorités suisses.

Le Haut-Valaisan se montre implacable envers Michel Platini, dont il dénonce finement l'ingratitude. A la question de savoir si le Français aurait pu gravir les échelons sans son aide, il répond: «Il a quand même dû travailler... un peu! Mais je lui ai ouvert la route.»

Puis Platini est devenu un adversaire. «Au début, il était pour la FIFA, mais après, il a été atteint par le virus anti-FIFA et, tout à coup, il a changé... Lors du match d'ouverture de l'Euro 2008 (à Bâle), il m'a placé, moi le président de la FIFA, le plus loin possible du centre de la tribune d'honneur. C'était très symbolique. Je n'ai rien dit mais, ce jour-là, j'ai compris que quelque chose s'était passé.»

Platini a aussi demandé à Blatter, au printemps 2015, qu'il retire sa candidature pour un nouveau mandat à la FIFA, une intervention que le dirigeant valaisan n'a toujours pas comprise. «En vérité, il n'y a pas de grande différence entre Michel et moi, mais, à un moment donné, il est devenu un peu méchant. Il ne voulait plus que je sois là», assène encore Sepp Blatter. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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