20.06.2020 à 22:46

EgalitéAvec le Covid-19, «on est revenu cinquante ans» en arrière

Elles perdent leur travail, démissionnent ou s'occupent plus des enfants privés d'école que les hommes: le choc économique de la pandémie a des allures de grand bond en arrière pour les femmes.

Keystone

«Les femmes, à cause de leur surreprésentation dans le secteur des services, ont été frappées de manière disproportionnée par le Covid-19», souligne Nicole Mason, directrice de l'Institute for Women's Policy Research, un centre de réflexion américain. Perte de travail, démission ou plus de temps consacré aux enfants privés d'école que les hommes: le choc économique de la pandémie de coronavirus a des allures de grand bond en arrière pour l'emploi des femmes.

Les mères, toujours plus sollicitées que les pères

«Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les femmes ont plus de chances d'avoir perdu leur emploi que les hommes», qu'elles soient licenciées ou contraintes de démissionner pour s'occuper de leurs enfants privés d'école, renchérit Chris Rauh, professeur d'économie à l'université de Cambridge, interrogé par l'AFP.

Elles sont plus présentes dans les emplois précaires ou les secteurs particulièrement frappés par les mesures de confinement instaurées pour lutter contre le coronavirus, comme la restauration, l'hôtellerie, l'événementiel, les salons de coiffure, etc.

Même quand elles conservent leur emploi, les mères confinées se sont trouvées sollicitées plus que les hommes pour s'occuper des enfants et... des travaux ménagers, constate l'Institut pour les études budgétaires (IFS), un think tank britannique, dans une étude publiée la semaine dernière.

Coronavirus oblige, la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes dans le canton de Vaud s'est démultipliée. Les militants estiment qu’enSuisse aussi, la pandémie du coronavirus n’a pas aidé à améliorer la situation, voire l’a davantage péjorée.

«Je ne voulais pas qu'on dise que je n'y arrive pas»

Sarah, qui travaille dans l'industrie du film à Londres, veille jusqu'à 1h du matin tous les jours pour tenir ses échéances quand son fils et sa fille sont au lit. «Je n'ai pas osé demander un aménagement de travail, je ne veux pas qu'on dise que je n'y arrive pas», admet Sarah. Une journaliste d'un grand média britannique se lève, elle, à 5h30 tous les jours pour avancer son travail avant le lever des enfants.

C'est pire pour les parents isolés, comme Isabelle, qui veut elle aussi rester anonyme par peur pour son emploi: «Au début du confinement, c'était atroce», raconte cette Parisienne qui travaille dans l'industrie pharmaceutique.

Un vrai «marathon»

«Je n'arrivais pas à m'organiser entre les visioconférences, l'école à distance, les repas, le ménage, à quelle heure arrêter de travailler le soir», ajoute Isabelle, racontant avoir vécu un vrai «marathon». Maintenant que l'activité redémarre, «pour mes directeurs, on reprend le travail exactement comme avant. Ils viennent d'une autre génération et ce n'est jamais eux qui ont géré les enfants. Ils ne comprennent pas qu'on n'a pas eu la même expérience du confinement et que je suis exténuée».

«Chez mes amies séparées, dans l'immense majorité, c'est toujours les mères qui se sont occupées des enfants pendant cette période. On est revenu à il y a cinquante ans», déplore Isabelle.

(AFP)

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166 commentaires
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A.Bassourdie

21.06.2020 à 18:46

On pouvait laisser la porte ouverte, pas d'agression, ni d'hystériques pour gueuler à chaque coin de rues leurs oppositions... c'était juste le bonheur total...

mdre j ai soudain que 16 ans

21.06.2020 à 11:47

_Non! je ne veux pas refaire un apprentissage, quatre ans de ma vie à la poubelle. -Je suis sortis premier du canton à l' examen final ensuite chercher/trouver du boulot, zéro. J' ai quitté la Suisse 4 mois plus tard

Céline

21.06.2020 à 10:59

Question d'éducation: la preuve qu'il y a un grand problème d'éducation depuis quelques générations. Les enfants rois n'aident plus les parents et sont devenus des assistés sans respecte pour tout. Mes enfants, m'ont énormément aidé durant ce confinement. Le plus âgé (10 ans) a aidé sa petite sœur qui à son tour s'est occupée de la cadette. Ils ont même fait la cuisine et le ménage, durant mon télétravail.