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Avec le rock de John Cale, le velours sent le soufre

VEVEY – Samedi, l'ex-membre de Velvet Underground a mêlé excentricité et sobriété sur la scène du Rocking Chair.

Pour tout amateur de rock qui se respecte, le nom de John Cale évoque illico la musique du Velvet Underground, célèbre groupe fondé en 1965. Multi-instrumentiste de génie, sa collaboration avec Lou Reed sur les deux premiers albums du Velvet restera à jamais gravée dans les annales du genre et exerce encore de l'influence sur les artistes d'aujourd'hui. C'est un public composé de plusieurs générations – des fans de la première heure et des jeunes mélomanes curieux – qui s'est déplacé pour applaudir le musicien, 65 ans et une énergie brute restée intacte. Clin d'œil à son passé rebelle, John Cale arborait des cheveux tricolores, parfaitement assortis à sa chemise à carreaux, mêlant, à l'image de ses compositions, excentricité et sobriété. Il avait un peu l'air d'un vieux sage capable de canaliser la foudre pour ses disciples: trois musiciens au top (un batteur, un bassiste et un guitariste). Le groupe a exécuté un échantillon représentatif de la carrière du chanteur. Des morceaux récents, plutôt expérimentaux, aux touches new-wave. D'autres à l'efficacité carrée du rythm'n'blues originel. En deuxième partie de concert, des titres plus calmes et acoustiques ont su envoûter une audience conquise. Avant le rappel, après une bonne heure et demie de spectacle, les fans du Velvet ont eu droit à l'hypnotique et sulfureux «Venus In Furs». Un classique.

Yannick Chavanne

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