Tennis – Lausanne: «Avec les réseaux sociaux, tu peux donner plus»
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Tennis – Lausanne«Avec les réseaux sociaux, tu peux donner plus»

Stanislas Wawrinka était récemment de passage à Lausanne. L'occasion de parler de sa manière de communiquer et de son rapport avec les fans.

par
Robin Carrel
Selon Stan Wawrinka, son activité en ligne n'a pas diminué avec ses grands succès. Au contraire.

Selon Stan Wawrinka, son activité en ligne n'a pas diminué avec ses grands succès. Au contraire.

photo: Keystone/Salvatore di Nolfi

Lors d'un détour par Lausanne au début du mois, dans le cadre de son troisième «shooting» publicitaire avec son partenaire Evian, Stanislas Wawrinka s'est posé une dizaine de minutes avec «20 minutes» au bord d'un court, avant de rencontrer le gagnant de notre récent concours. Interview.

Comment un sportif pro vit-il ce genre de journées pour un sponsor? Est-ce un passage obligé, est-ce que ça développe votre image, est-ce que vous y prenez du plaisir, est-ce un peu embêtant...

Du plaisir, il y en a toujours un peu. Je pense que ça dépend aussi beaucoup de ce qu'on fait exactement. Avec Evian, c'est un des sponsors avec lequel je prends le plus de plaisir. Ils ont des idées assez sympas. C'est toujours quelque chose de rafraîchissant avec leur «baby campagne». C'est très dynamique. Ils sont toujours en train de développer, de faire de nouvelles choses. Pas juste poser avec la raquette pour des photos toute la journée...

Vous avez rencontré un fan. Est-ce quelque chose que vous avez l'occasion de faire souvent, vous qui êtes toute l'année sur le circuit ATP, autour du globe?

C'est clair que ça fait plaisir. Il a gagné un concours, en plus. Il a pu voir un peu comment ça se passe, quand on fait un jour pour un sponsor. Il n'y a pas que le terrain. J'ai maintenant la chance, d'avoir des tournois en Suisse, comme Genève, où j'ai pu passer plus de temps avec des supporters helvétiques. Il y en avait beaucoup et c'était assez tranquille. J'ai pu leur donner des photos, des trucs comme ça. Ca me fait plaisir pour eux!

Le fan vainqueur du concours avait l'air très intimidé... Ca vous rappelle des souvenirs de jeunesse, quand vous étiez à sa place?

Oui, ça me fait clairement penser à quand j'étais jeune... Ca fait plaisir de le voir comme ça. Il a reçu un pull, il est content et j'espère qu'il aura passé une belle journée avec moi.

Depuis votre victoire à l'Australian Open, j'ai l'impression que vous êtes un peu moins présent sur les réseaux sociaux, Twitter notamment. Que vous vous préservez un peu plus et que c'est à ce moment-là que vous avez explosé. J'ai raison?

Non, je trouve que ça ne coïncide pas du tout... Si on regarde, je suis toujours très actif actuellement. Même plus que dans le passé, si on prend Twitter, Instagram, Snapchat. Je fais beaucoup plus qu'avant et mes résultats sont bien meilleurs aussi. Quand j'avais fait mes photos avec la figurine de Homer Simpson, je les avais faites une année. C'était Homer qui faisait le tour avec moi, pour faire découvrir une année sur le circuit. Mais chaque année, je fais un peu les mêmes tournois, donc ça ne faisait plus sens de le prendre avec moi.

Vous avez des gens qui vous aident, pour la communication?

Pour tout ce qui est réseaux sociaux, tout ce que je fais directement, non. Twitter, Instagram, Snapchat, ce sont des choses qu'on doit faire au feeling. Tu donnes un peu plus...

Autrement les gens sentent que ce n'est pas naturel...

Oui. Il y en a qui font officiellement la photo du match et qui écrivent «J'ai gagné mon match»... Moi, mon but, c'est de donner à mes supporters davantage que juste dire que «Stan a gagné son match 6-3 6-4». C'est pour leur donner un peu de ce qui se passe à l'intérieur et qu'ils ne peuvent pas voir à la télévision, en photo, ou pendant les campagnes publicitaires.

Les réseaux sociaux ont-ils aidé à développer votre image de «joueur sympa»? De paraître plus accessible que certains?

Je pense que ça a surtout permis à des personnes qui suivaient un peu moins le tennis ou qui ne lisent pas toutes les interviews de pouvoir découvrir un peu comment je peux être en vrai. Naturel, simple, assez facile...

De tous temps, les joueurs disent «Je lis très peu les journaux, la presse». Avec Twitter, le contact est direct. Lisez-vous les commentaires qui y sont faits sur vos prestations?

Déjà, moi, la presse je la lis. Je n'ai jamais dit le contraire. Moi, j'ai toujours assuré que je n'avais aucun problème avec ça. Pour les réseaux sociaux, je lis les tweets des fois. Par moments. J'essaie de suivre un peu, je lis les commentaires, forcément. Mais pas tout! Je ne suis pas tout le temps là à tout regarder. Pour moi, c'est plus important de donner quelque chose, plutôt que de commencer à prendre en compte toutes les critiques, les commentaires ou les points positifs.

Ca peut toucher, certains messages?

Oui... Ca peut toucher, mais ça ne me le fait plus. Peu importe ce qu'on fait, il y aura toujours des gens qui ne seront pas contents, qui n'aimeront pas. On ne peut pas être apprécié par tout le monde, tout simplement...

Timea Bacsinszky commence à vivre ce que vous avez connu il y a quelques années. Se balader tranquillement à Lausanne devient difficile pour elle sans être reconnue. Avez-vous des conseils, est-ce que vous, vous sortez moins?

On ne m'a jamais trop vu en ville... A part quand j'étais plus jeune, à une époque où j'avais plus de temps. Vers décembre, tu es là presque deux mois à t'entraîner et tu as les week-ends «off», donc tu peux y passer plus de temps. Mais moi, on m'a très peu vu. La seule différence, c'est que si on me voit une fois, les gens vont en parler pendant une semaine. Et tout le monde va dire: «Ouais, je l'ai vu!» et on va donc croire qu'on m'a croisé cinq soirs de suite. Mais voilà, en Suisse, je reste beaucoup dans ma petite vie.

Quel est votre rapport avec les autres sportifs? Les JO arrivent, par exemple. Allez-vous rester au Village olympique ou comme Roger Federer, vous éloigner de cette effervescence?

Normalement, je serai au Village. Ce n'est pas encore à 100% décidé, mais moi, mon but, c'est de vivre cette expérience. J'aime bien pouvoir partager avec les autres sportifs, les voir, les côtoyer. C'est mon but.

Et arrivez-vous encore à suivre les autres disciplines? Les clubs lausannois, notamment...

Bien sûr! Ca m'intéresse beaucoup. La raison pour laquelle j'ai quitté le conseil d'administration du LHC, c'est que je ne pouvais pas y consacrer le temps que j'aurais voulu. Du coup, ça ne les aidait pas et ça ne m'aidait pas non plus. Donc ça ne faisait avancer personne. C'est pour ça que je suis sorti du «board». Mais ça n'empêche pas que suis énormément ce qu'ils font. Le Lausanne-Sport aussi. Le club est remonté et je trouve génial ce qu'a réussi à faire Fabio Celestini. C'est quelqu'un, en tous cas vu de l'extérieur, qui bosse très bien depuis quelques années. Je suis vraiment content pour cette équipe.

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