Suisse: «Avec son argent, Uber se croit au-dessus des lois»
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Suisse«Avec son argent, Uber se croit au-dessus des lois»

Les taxis professionnels de tout le pays défileront simultanément mardi prochain pour dénoncer les pratiques du géant américain.

par
Francesco Brienza
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06.07 A Genève, une quarantaine de taxis ont à nouveau protesté contre Uber lundi matin. La manifestation non annoncée et donc non autorisée, destinée à dénoncer l'illégalité du service américain, n'a pas perturbé la circulation.

06.07 A Genève, une quarantaine de taxis ont à nouveau protesté contre Uber lundi matin. La manifestation non annoncée et donc non autorisée, destinée à dénoncer l'illégalité du service américain, n'a pas perturbé la circulation.

dra/20min
29.06.2015 Opération escargot des taxis genevois, fâchés contre Uber.

29.06.2015 Opération escargot des taxis genevois, fâchés contre Uber.

Keystone/Salvatore di Nolfi
Keystone/Salvatore di Nolfi

Le symbole est fort. Dans quatre grandes villes de Suisse, les taxis professionnels vont défiler en même temps pour dire tout haut ce qu'ils pensent du service UberPop. A Lausanne, Genève, Bâle et Zurich, les cortèges circuleront entre midi 11h45 et 13h30 mardi prochain. «Nous voulons que les gens prennent conscience de ce que cachent les prix avantageux de cette société, explique Daniel Kamponis, titulaire d'une licence officielle dans l'agglomération lausannoise. UberPop ne respecte pas la loi puisqu'elle fait du transport de personnes sans en avoir l'autorisation et que ses chauffeurs n'ont pas le permis requis.» Selon lui, cette situation pose d'une part une question de sécurité pour les clients, et d'autre part une question sociale. «Avec les charges et les commissions, un chauffeur UberPop gagne à peine 7 francs de l'heure. Au final, ces emplois précaires ont d'une manière ou d'une autre un impact négatif sur la santé financière des collectivités.»

Si les taxis conventionnels sont si fâchés, c'est que leur part de marché n'a cessé d'être grignotée depuis l'arrivée d'Uber en Suisse. Et la profession risque de ne pas tenir le choc. «Les nuits de week-end, c'est la moitié des courses qui nous échappent, regrette Micheyle Gaillard, professionnelle indépendante à Lausanne. Et la tendance s'accentue toujours, car Uber dispose d'un budget marketing que nous n'avons pas. Il faut que les pouvoirs publics réagissent et fassent respecter les règles, car avec son argent, Uber se croit au-dessus des lois.» Récemment, la justice vaudoise a décidé que les services d'UberPop devaient être soumis à autorisation. Une décision en première instance qui peut encore être contestée par la société américaine.

Mardi, le trafic sera donc perturbé à la mi-journée dans les principales villes du pays. Les chauffeurs ont prévu d'aller à la rencontre de leurs clients pour les sensibiliser à la question. De son côté, Uber s'est toujours défendue d'être dans l'illégalité. A ses yeux, UberPop est un service de covoiturage non-professionnel qui n'a pas à être soumis à quelque autorisation que ce soit.

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