Actualisé 13.08.2019 à 19:21

Chamoson (VS)

«Avertir la population avec des sirènes ne sert à rien»

Interview de Claude Crittin, président de Chamoson (VS), deux jours après la coulée de lave torrentielle qui a emporté deux personnes, toujours portées disparues.

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ehs/lph

Monsieur Crittin, deux personnes sont toujours portées disparues après avoir été emportées par la coulée de lave torrentielle de dimanche soir. Où en est-on actuellement?

Les recherches battent leur plein. Mais les chances de les retrouver vivantes sont très faibles. La coulée était incroyablement forte et a emporté beaucoup de masse sur son passage. Elle était alimentée par trois cours d'eau.

Il y a un an, une coulée de boue avait déjà déferlé sur Chamoson. Qu'est-ce qui a été fait depuis?

Rien que cette année, nous avons investi cinq millions de francs dans la protection contre les inondations. Un cours d'eau a été réhabilité, ce qui a parfaitement fonctionné: là-bas, ça n'a pas débordé.

Mais la Losentse n'avait pas été réhabilitée?

D'après notre carte des dangers, cette rivière n'est pas particulièrement dangereuse, elle est classée dans la catégorie «standard», tout comme le deuxième des trois cours d'eau du village. Seul le troisième a dû être réhabilité. Cependant, nous analyserons à nouveau la situation après cet incident. Peut-être constaterons-nous que la Losentse a aussi besoin d'être réaménagée. Mais il faut garder à l'esprit que, statistiquement, ce genre d'incident ne se produit que tous les cent ans.

Comment expliquez-vous ces coulées répétées?

Je suis moi-même très surpris. Comment est-il possible qu'un événement qui ne doit arriver qu'une fois par siècle se produise deux années de suite? C'est la grande question. Le risque a peut-être augmenté.

Voyez-vous là un lien avec le changement climatique?

Cela a certainement un impact. S'il fait plus souvent très chaud en été, les orages ont plus de force et d'intensité. Cela a également une influence sur ces coulées.

La population a-t-elle été avertie?

Non. Les gens savent que les orages peuvent être dangereux et qu'il vaut mieux rester à l'intérieur.

Mais on pourrait par exemple avertir les gens avec des sirènes...

Ça ne servirait à rien. D'abord parce qu'on peut les entendre sur plusieurs kilomètres. Et puis, l'effet risquerait d'être contre-productif. Beaucoup de gens prendraient alors leur voiture pour quitter les lieux, ce qui les mettrait davantage en danger.

Quelles leçons tirez-vous de l'avalanche?

Nous devons nous demander s'il faut en faire plus: plus de digues, des cours d'eau plus profonds, plus d'investissements... Mais une chose est sûre: il y a toujours un risque.

Les recherches ont repris à Chamoson

Les recherches ont repris mardi matin à Chamoson (VS) pour retrouver les deux personnes emportées dimanche soir lors du débordement de la Losentse. Les équipes à l'oeuvre sont également à la recherche d'indices, a indiqué un porte-parole de la police cantonale. Entamées dès le début de la soirée dimanche, les recherches avaient été interrompues à 20h30 lundi.

Les deux personnes portées disparues depuis dimanche soir, un Genevois de 37 ans établi en Valais et une Française de 6 ans, ne peuvent pas avoir survécu, avaient estimé lundi après-midi les responsables des secours.

Une enquête a été ouverte par le Ministère public du Valais central afin de faire davantage la lumière sur ce drame.

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