Actualisé 08.08.2017 à 11:30

Dopage

Avocats romands au secours d'athlètes russes

Deux hommes de loi ont obtenu la levée des sanctions prononcées contre des athlètes russes après le rapport McLaren sur le dopage.

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cht/nxp
Le juriste Richard McLaren, auteur du rapport qui a mené à la suspension de nombreux athlètes russes. Un rapport démonté par les avocats suisses.

Le juriste Richard McLaren, auteur du rapport qui a mené à la suspension de nombreux athlètes russes. Un rapport démonté par les avocats suisses.

Souvenez-vous: le rapport McLaren, paru peu avant les JO de Rio en 2016, avait provoqué un séisme dans le monde du sport. Le texte dénonçait le dopage mis en place par la Russie via le Ministère des sports, les services secrets et l'agence russe antidopage, dans une trentaine de disciplines. Depuis, de nombreux athlètes avaient été suspendus sur le plan international par mesure de précaution. Ils pourraient être un jour réhabilités. Et ceci grâce à deux avocats romands.

En effet, le Fribourgeois Emmanuel Kilchenmann et le Vaudois Serge Vittoz ont obtenu la levée des sanctions prononcées contre neuf canoéistes russes, révèle mardi le journal La Gruyère. Appelés à défendre les intérêts de ces athlètes russes, ils ont réussi à faire plier la Fédération internationale de canoë-kayak (FIC) le 31 mars dernier.

Preuves insuffisantes

Selon le journal fribourgeois qui les a interviewés, ils sont parvenus à démontrer que le rapport McLaren était «insuffisant au niveau des preuves pour sanctionner un athlète individuellement». Selon eux, le texte ne s'appuyait pas sur des preuves classiques de dopage, comme des tests d'urine positifs, mais sur «des preuves circonstancielles qui découlent d'un faisceau d'indices ou de circonstances». A l'image du cycliste Lance Armstrong dont les tests étaient toujours négatifs, mais qui a été sanctionné à cause de témoins solides qui l'ont dénoncé.

Les deux avocats ont donc obtenu la levée des sanctions contre leurs clients «au bénéfice du doute». Car le rapport McLaren est basé sur des informations d'un lanceur d'alerte russe, l'ex-patron de l'agence antidopage. Mais cet homme-clé, qui a fui aux USA et est protégé par un programme de protection de témoins, ne peut donc plus comparaître. «Du pain bénit» dans ce cas, pour les hommes de loi, reconnaissent-ils.

Incohérences

En outre, selon les deux Romands, le rapport comporte de nombreuses erreurs et d'incohérences. Du coup, ils ont pu démontrer qu'il y avait trop de doutes pour prononcer des suspensions sur la base de ce texte, expliquent-ils à La Gruyère.

Depuis, d'autres fédérations russes ont contacté les avocats. Emmanuel Kilchenmann se contente de leur conseiller d'être prêtes: «Plongez dans le rapport McLaren et trouvez une réponse à tous les éléments factuels qui y sont présentés. Ce sera ainsi plus facile de faire recours au Tribunal Arbitral du Sport contre d'éventuelles sanctions.»

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