Genève: Avoir ses règles quand on est à la rue, c'est la galère
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GenèveAvoir ses règles quand on est à la rue, c'est la galère

Une association genevoise organise une collecte de produits d'hygiène féminine ce samedi afin d'aider les femmes en situation de précarité.

par
Maria Pineiro
Le besoin est particulièrement fort en qui concerne les protections hygiéniques.

Le besoin est particulièrement fort en qui concerne les protections hygiéniques.

Keystone/Sebastian Kahnert

Femmes à bord (FAB), une jeune association qui vient en aide aux femmes qui vivent des situations de grande précarité, lance un appel aux dons pour des produits d'hygiène féminine, notamment des tampons et des serviettes. La collecte aura lieu samedi après-midi dans les locaux de l'Armée du Salut, aux Grottes.

«Lors d'un stage dans un lieu d'accueil pour gens dans le besoin, j'ai constaté que les spécificités liées au fait d'être une femme n'étaient pas toujours prises en compte de manière adéquate», déclare Claudia Reis Mascarenhas, travailleuse sociale et initiatrice, avec deux autres personnes, de FAB. Depuis le printemps dernier, l'entité accueille deux fois par semaine des femmes en situation de grande précarité dans un espace mis à disposition par l'Armée du Salut.

Un fort besoin de tampons et de serviettes

Sur place, les usagères peuvent prendre une douche, cuisiner, manger ensemble et partager leurs expériences. Elles reçoivent par ailleurs un kit d'hygiène féminine qui contient notamment des produits pour se laver, mais également des protections hygiéniques. «C'est ce qui part le plus vite. Avoir ses règles quand on vit dans la rue, c'est une difficulté supplémentaire pour les personnes en grande précarité. Une double discrimination pour ces femmes», souligne Claudia Reis Mascarenhas.

La jeune femme explique qu'il faut souvent demander des protections dans les lieux d'accueil. «Nous militions pour que tampons et serviettes soient mis à disposition dans les toilettes des femmes, car souvent, celles qui en ont besoin n'osent pas faire la démarche», expose-t-elle. Pour Claudia Reis Maracanhas, ces produits de première nécessité devraient être gratuits. «Pour une personne dans le besoin, débourser quelques francs afin de s'acheter de quoi faire face à ses règles est tout simplement impossible.»

Soutien important

Dans le sillage de l'année 2019 marquée par la grève des femmes, cet appel aux dons, le deuxième lancé par FAB, a suscité un élan important. Ainsi, le collectif «Les Pâquis f0lles de rage» a mis à disposition une boîte de collecte sur la terrasse d'un café du quartier, Guidoline, afin de participer à l'action. «Pour nous, c'est une action concrète post-14 juin. On a vu l'appel sur les réseaux sociaux et on a décidé de donner un coup de main, précise Helena Verissimo de Freitas, députée socialiste et membre du collectif. On l'a lancé samedi et ça marche hyper bien!»

Claudia Reis Maracanhas confirme que le post de l'association a été abondamment partagé. «Essentiellement par des groupes de femmes, constate-t-elle. Il y a une sensibilité féminine sur ce sujet.»

Attention portée aux femmes Les acteurs institutionnels de l'aide sociale se défendent d'ignorer les problématiques spécifiques aux femmes. Ainsi, la Ville qui gère notamment les abris pc en hiver indique que "les collaboratrices du Service social distribuent volontiers des protections hygiéniques aux femmes qui sont hébergées à l'abri PC de Richemont, ou à celles qui viennent dans les clubs sociaux. Cela fait partie d'une attention aux personnes essentielle à leur dignité". Du côté de l'Hospice général, on fait savoir que lors des collectes Partage, les bénévoles insistent sur la nécessité de disposer de protections hygiéniques.

Attention portée aux femmes Les acteurs institutionnels de l'aide sociale se défendent d'ignorer les problématiques spécifiques aux femmes. Ainsi, la Ville qui gère notamment les abris pc en hiver indique que "les collaboratrices du Service social distribuent volontiers des protections hygiéniques aux femmes qui sont hébergées à l'abri PC de Richemont, ou à celles qui viennent dans les clubs sociaux. Cela fait partie d'une attention aux personnes essentielle à leur dignité". Du côté de l'Hospice général, on fait savoir que lors des collectes Partage, les bénévoles insistent sur la nécessité de disposer de protections hygiéniques.

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