Médecine: Avortement: grosses différences selon les cantons

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MédecineAvortement: grosses différences selon les cantons

Selon une enquête du Temps, les cantons catholiques affichent des taux plus bas que les cantons urbains et protestants.

par
Christine Talos
Certains gynécologues refusent de pratiquer l'avortement, même s'il est autorisé depuis 2002 en Suisse.

Certains gynécologues refusent de pratiquer l'avortement, même s'il est autorisé depuis 2002 en Suisse.

photo: Keystone

Les femmes avortent presque 4 fois moins en Valais que dans le canton de Vaud. C'est ce qui ressort d'une enquête du Tempsparue jeudi. Alors que la Suisse a légalisé l'avortement en 2002, il y aurait de grosses disparités dans le nombre d'IVG pratiqués dans les cantons. Et c'est dans les cantons catholiques qu'on interrompt le moins les grossesses. En chiffres, alors que les taux d'avortement sont de 1,8 pour mille en Valais et 2,44 pour mille sur Fribourg, ils sont de 6,7 pour mille sur Vaud ou encore 4,7 pour mille à Neuchâtel.

Le Temps constate que les Valaisannes quittent le plus leur canton lorsqu'elles veulent pratiquer un avortement, suivies avec des habitantes de Schwyz, Fribourg et Appenzell Rhodes-Intérieures. En guise d'explications, le quotidien souligne que l'accès à l'avortement est bien plus difficile dans certains cantons catholiques.

laisser traîner les choses

Le journal donne la parole à une professionnelle qui note que «souvent les gynécologues qui ne sont pas favorables aux IVG retardent l'intervention sous prétexte de laisser réfléchir les patientes pour ensuite leur dire que c'est trop tard, que le délai est dépassé». Un autre témoin explique que des médecins poussent à des interventions médicamenteuses, afin d'éviter les curetages, les interventions chirurgicales qu'ils ne veulent pas faire.

Une femme désireuse d'interrompre sa grossesse raconte également que son gynécologue l'a «presque mise hors de son cabinet» quand elle a évoqué la possibilité d'une IVG. D'autres citent des chicaneries administratives ou des surfacturations, voire des interventions lourdes inutiles, relate Le Temps.

Le 7 juin dernier, l'Office fédéral de la statistique (OFS) publiait ses dernières statistiques sur les interruptions de grossesse pour 2015. Il ressortait que le nombre d'avortements était resté stable avec 10'255 interventions, soit 20 de moins qu'en 2014. Mais la région lémanique, plus particulièrement Genève, enregistrait une hausse significative, alors que la majorité des cantons observait une légère diminution.

Les taux d'avortement diffèrent ainsi des chiffres du Temps qui s'est basé lui sur le nombre de femmes âgées de 15 à 49 ans et des taux de population étrangère. L'OFS relevait des taux de 11,9 pour mille à Genève, 8,8 pour Vaud, 7,6 pour Neuchâtel, 5,9 pour le Valais, 5,2 pour Fribourg et 5 pour le Jura. Ceci alors que la moyenne suisse est de 6,3 pour mille. La palme du plus faible taux revenait aux cantons de Suisse centrale avec Zoug (3) et Nidwad (2,8 pour mille).

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