Irak: Avril 2013, un mois tristement record
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IrakAvril 2013, un mois tristement record

Avec plus de 700 morts, avril 2013 est le mois le plus meurtrier en Irak depuis 5 ans. Un constat qui inquiète les autorités onusiennes en présence.

Le premier ministre M. Maliki est une figure extrêmement contestée depuis son élection en 2006.

Le premier ministre M. Maliki est une figure extrêmement contestée depuis son élection en 2006.

«Le mois d'avril est le plus meurtrier depuis juin 2008. Le bilan des violences et des actes terroristes s'élève à 712 morts et 1633 blessés», a indiqué un communiqué de la mission. Un bilan de l'AFP, basé sur des sources médicales et de sécurité, établissait le nombre des violences à 460 morts en avril.

«Bagdad a été la plus touchée par cette vague de violences avec 211 morts et 486 blessés parmi les civils, suivie par Diyala (ouest), Salaheddine (centre), Kirkouk (nord), Ninive (centre) et al-Anbar (ouest)», selon le communiqué de l'ONU.

Vague de violences

L'Irak est secoué depuis le 23 avril par une vague de violences qui a fait selon des sources médicales et de sécurité irakiennes plus de 240 morts.

Les troubles ont été déclenchés par un assaut des forces de sécurité contre un campement de manifestants sunnites, appuyés par des hommes armés, hostiles au Premier ministre chiite Nouri al-Maliki. Cet assaut a été suivi par plusieurs attaques de représailles contre les forces irakiennes.

Les violences font craindre un retour à un conflit confessionnel ouvert dans le pays, à l'instar des affrontements sanglants de 2006-2007 qui avaient suivi l'invasion américaine de 2003 et coûté la vie à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Le Premier ministre en cause

M. Maliki avait lié ces violences confessionnelles d'avril au conflit en Syrie voisine qui a fait en deux ans plus de 70'000 morts, selon l'ONU.

Premier ministre depuis 2006, M. Maliki est contesté par des milliers de manifestants dans les régions à majorité sunnite, lesquels réclament son départ.

Il est accusé de marginaliser leur communauté. Par ailleurs, des membres de sa coalition gouvernementale et de nombreux détracteurs lui reprochent aussi d'accaparer le pouvoir.

Réconciliation nationale

Lundi, le chef du Parlement, Oussama al-Noujaïfi, avait appelé à la démission du Gouvernement de M. Maliki et à la tenue d'élections anticipées pour sortir le pays de la crise.

Cette initiative doit permettre, selon lui, «de parvenir à une réconciliation nationale et de préserver les acquis de la démocratie», mais aussi de «sortir le pays du spectre de la guerre civile et des violences confessionnelles».

M. Noujaïfi, un sunnite et haut responsable du bloc Iraqiya, coalition soutenue par les sunnites et pendant longtemps en profond désaccord avec M. Maliki, a adressé sa proposition aux chefs des partis politiques représentés au Parlement.

Il a appelé le Gouvernement à démissionner pour être remplacé par un cabinet plus restreint composé d'indépendants qui ne pourraient pas participer aux prochaines élections. Il a aussi demandé à ce qu'une commission électorale prépare des élections anticipées avant la dissolution du Parlement.

Une situation qui empire

«la situation a empiré dans le pays», a estimé John Drake, spécialiste de l'Irak au sein de la firme de consultants en risques AKE group.

«Si le Gouvernement échoue à contenir les violences et à répondre à certains griefs des manifestants, le rythme de ces violences va s'accentuer», a t-il prédit. (afp)

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