Suisse: «AVS 21»: «Les rentes des femmes à bas revenus seront améliorées»

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Suisse«AVS 21»: «Les rentes des femmes à bas revenus seront améliorées»

Si le projet de loi sur les retraites passe cet automne, les femmes travailleront un an de plus. Une étude publiée par la «NZZ am Sonntag» explique les conséquences de cette mesure qui varient fortement selon l’âge et le revenu.

Les femmes bien rémunérées nées en 1970 ou après subissent une perte de 30’000 francs ou plus jusqu’à la fin de leur vie, indique l’étude. (Image d’illustration)

Les femmes bien rémunérées nées en 1970 ou après subissent une perte de 30’000 francs ou plus jusqu’à la fin de leur vie, indique l’étude. (Image d’illustration)

AFP

La réforme «AVS 21», soumise au peuple le 25 septembre, prévoit des recettes supplémentaires pour l’aide sociale. Cela grâce à une hausse de la TVA de 0,4% (passant ainsi à 8,1%) et l’augmentation de l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes. Une analyse des experts de VZ Vermögenszentrum, publiée dans la «NZZ am Sonntag», explique ce que signifie cette mesure pour les femmes et qui devra à l’avenir renoncer à quelles prestations de l’AVS.

Les bas revenus en profiteraient

Basant leur étude sur de nombreux exemples, les experts de VZ concluent que les conséquences varient fortement selon l’âge et le revenu. Les femmes bien rémunérées nées en 1970 ou après subissent une perte de 30’000 francs ou plus jusqu’à la fin de leur vie. En revanche, celles qui sont proches de la retraite et qui gagnent peu peuvent même augmenter les rentes de l’AVS de plus de 20’000 francs. Comme le résume Simon Tellenbach, membre de la direction du groupe VZ: «La réforme améliore en premier lieu les rentes des femmes à bas revenus. Car l’AVS est basée sur le principe de la redistribution.»

Génération de transition: 1961-1965

Concrètement, la Confédération a désigné une génération de transition – celle des personnes nées entre 1961 et 1969 – qui recevra un paiement compensatoire pour l’âge de la retraite plus élevé. Un montant échelonné selon le revenu: 160 francs par mois pour un salaire annuel de moins de 57’000 francs, 100 fr. par mois pour un salaire jusqu’à 72’000 francs, et au-delà 50 francs par mois. Pour une espérance de vie moyenne des retraitées de 87,5 ans touchant les 160 francs supplémentaires, cela représente un montant total de 43’000 francs.

Mais seules les femmes nées en 1964 et 1965 – les premières à ne pouvoir prendre leur retraite qu’à 65 ans – recevront la totalité de la prime de compensation. Jusqu’à la classe d’âge 1970, la compensation diminue ensuite progressivement jusqu’à zéro.

Question d’espérance de vie

Si le peuple dit oui à AVS 21, le 25 septembre, les femmes devraient donc se mettre à faire de sérieux calculs, en particulier la génération de transition, notent les experts. En effet, à côté du supplément de rente AVS, ces neuf générations ont une deuxième option: elles pourraient continuer à prendre leur retraite à 64 ans. Mais elles toucheraient alors moins de rentes AVS. La différence serait toutefois moindre à celle pour les hommes en retraite anticipée.

«Laquelle des deux variantes apporte le plus d’avantages dépend en premier lieu de l’espérance de vie», estime Simon Tellenbach. «Plus une femme vit longtemps, plus il est intéressant pour elle de travailler jusqu’à 65 ans et de percevoir en contrepartie le paiement compensatoire à vie.»

Le coût d’un an de cotisation AVS à verser en plus

Avec la réforme «AVS 21», les femmes devraient payer des cotisations AVS un an de plus, mais toucheraient une année de rente en moins. Pour un bas salaire de 40’000 francs, cela entraînerait déjà une perte de 23’000 francs. Plus le revenu est élevé, plus cette perte serait importante: une femme avec un salaire de 90’000 francs recevrait ainsi 33’000 francs d’AVS en moins.

Pas d’indemnisation supérieure

Cela ne justifierait-il pas des indemnités plus élevées, demande la NZZ am Sonntag? Non, selon Corin Ballhaus, experte indépendante en prévoyance: «Les femmes qui exercent des professions à bas salaires et qui sont proches de la retraite ont besoin d’un soutien généreux, et elles l’obtiennent». Elle estime toutefois raisonnable que les femmes nées en 1970 et plus travaillent à l’avenir jusqu’à 65 ans sans contrepartie. Car celles qui sont à dix ans ou plus de la retraite auraient suffisamment de temps pour se préparer à cette nouveauté, et par exemple de ne pas réduire leur temps de travail, et donc le montant de leur retraite. Et en prenant la retraite à 65 ans, elles pourraient aussi améliorer leur situation en matière de prévoyance professionnelle, note l’experte.

Les hommes paient plus de cotisations AVS

Actuellement, 66% des cotisations AVS proviennent des hommes, alors que les femmes n’y contribuent qu’à hauteur de 34%. Et les rentes de l’AVS sont presque aussi élevées pour les deux sexes, avec même un montant moyen un peu plus élevé pour les femmes: 1890 francs par mois contre 1860 francs pour les hommes. Cela à cause du supplément pour les veuves. L’espérance de vie des femmes étant de trois ans supérieure à celle des hommes, elles perçoivent la plus grande part des rentes versées: 55%.

Autre tableau pour la prévoyance professionnelle

Le calcul des experts de VZ Vermögenszentrum montre un tableau bien différent en matière de 2e pilier (LPP): selon la statistique des nouvelles rentes, les hommes touchent en moyenne 2080 francs, contre seulement 1170 francs pour les femmes. Des chiffres qui reflètent aussi le fait que de nombreux couples mariés choisissent la répartition traditionnelle des rôles. Mais en cas de divorce, les femmes en subissent davantage les conséquences: leur rente LPP ne s’élève en moyenne qu’à 1300 francs par mois, contre 1800 francs pour les hommes.

Femmes célibataires avantagées

Autre point intéressant: les femmes célibataires sont avantagées, puisque leur rente LPP sera de 1930 francs, soit de 50 francs de plus que celle des hommes célibataires.

Les différences entre les sexes dans la prévoyance professionnelle animent aussi le débat sur la réforme de l’AVS. Pour les opposants, l’AVS ne devrait pas faire des économies sur le dos des femmes tant qu’il n’existe pas d’égalité de traitement dans le 2e pilier. Le camp des partisans argumente, lui, que les femmes profiteront globalement de l’âge de la retraite à 65 ans, car la prolongation de leur activité professionnelle augmentera leur salaire et donc leur rente LPP.

(ewe)

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