Bagdad se prépare à une vaste offensive
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Bagdad se prépare à une vaste offensive

Au moins 30 civils ont été tués lundi dans de nouvelles violences en Irak et les forces irakiennes et américaines se préparent à lancer un plan de sécurité destiné à faire cesser la violence endémique à Bagdad.

Trois véhicules piégés ont explosé dans la capitale irakienne lundi, après un week-end particulièrement sanglant. L'attentat le plus meurtrier a fait dix morts et plus de 60 blessés à Saïdiyah, un quartier multiconfessionnel du sud de Bagdad. Un kamikaze à bord d'un camion piégé a foncé sur une file d'automobilistes qui attendaient devant une station service.

Un peu plus tôt, une voiture bourrée d'explosifs avait explosé près d'un garage de réparation de voitures du centre de la ville, tuant dix personnes et blessant 15. Dans le quartier de Sina (est), quatre personnes ont été tuées et 14 blessées dans l'explosion d'une voiture piégée, près d'un hôpital pédiatrique.

Affrontements

Ailleurs à Bagdad, quatre personnes ont été tuées dans des attaques à la bombe et au mortier. Au nord de Bagdad, près de la ville multiethnique et pétrolière de Kirkouk, deux ouvriers chiites ont été abattus par des hommes armés.

Par ailleurs, des affrontements ont opposé des insurgés armés à la population dans deux quartiers de Bagdad. Aucune victime n'a été signalée à Adhamiya, dans le nord de la ville, où des tirs de mortier avaient fait quinze morts dimanche.

Dans l'enclave sunnite de Janabiyine, des activistes vêtus d'uniformes de commando ont fait sortir la population dans la rue avant de mettre le feu à cinq habitations au moins. Un témoin a dit apercevoir huit corps dans les décombres. «Personne ne peut les récupérer parce qu'il y a des tireurs postés sur le toit de certaines maisons», a-t-il ajouté.

100e victime britannique

Khadim al Hamadani, haut responsable de l'Armée du Mahdi, milice fidèle à l'imam chiite radical Moktada Sadr que Washington juge responsables de l'insécurité, a par ailleurs été abattu dimanche dans son village d'Houeïdar, près de Bakouba, au nord de Bagdad, au cours d'une opération américano-irakienne.

Les forces étrangères n'ont pas été elles aussi épargnées par les violences. Un soldat britannique a été tué lundi par une mine à Bassorah (sud), ce qui porte à 100 le bilan des pertes britanniques au combat depuis mars 2003, alors que deux soldats américains ont péri dimanche dans des attaques au nord de Bagdad.

Préparatifs

C'est dans ce contexte tendu que les forces irakiennes et américaines se préparent à lancer un plan de sécurité destiné à faire cesser la violence endémique à Bagdad. De nouveaux barrages ont été installés dans l'est de la capitale en vue de préparer le lancement de ce plan, ont constaté des photographes de l'AFP.

Ce plan prévoit des mesures économiques, politiques ainsi que le déploiement de près de 85 000 hommes, dont 50 000 policiers et soldats irakiens et 35 000 GI's dans la capitale pour mettre fin aux violences à majorité confessionnelles qui ont tué près de 17 000 personnes en 2006 selon l'ONU.

Il devrait être mis en oeuvre «dans les tout prochains jours», a indiqué un haut responsable de la sécurité irakienne. «Des préparatifs sont en cours pour lancer ce plan qui sera mis en application dès que toutes les dispositions nécessaires pour assurer son succès seront achevées», a précisé un autre responsable. «Ce n'est ni aujourd'hui, ni demain», a-t-il ajouté.

Les renforts américains promis à la mi-janvier par le président américain George W. Bush arrivent au compte-gouttes et les derniers soldats ne seront à Bagdad qu'en avril. La Maison Blanche a toutefois contesté que les Américains tardent à appliquer le nouveau plan de M. Bush pour l'Irak et créent ainsi un vide favorisant les violences. (ats)

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