Actualisé 27.03.2008 à 20:16

Bagdad sous couvre-feu total - plus de 100 morts

La ville est le théâtre d'affrontements entre forces irakiennes et membres de l'Armée du Mahdi, milice fidèle à l'imam chiite Moktada Sadr.

En trois jours, les violences ont déjà coûté la vie à plus de 100 personnes dans le pays.

«Un couvre-feu pour les véhicules et les personnes a été imposé à Bagdad à partir de 23 h (21 h suisses) et jusqu'à 5 h dimanche. C'est à cause des combats. Nous voulons protéger les civils», a déclaré le général Kassim Moussaoui, porte-parole des forces de l'ordre de la capitale.

Jeudi, les violences ont gagné la ville de Kout (sud-est de Bagdad). Au moins 44 personnes sont décédées parmi les miliciens et les forces de sécurité, selon le chef de la police de cette localité chiite, le général Abdul Hanin Al-Amara.

Ces nouvelles victimes portent à 106 le bilan provisoire des tués dans les violences qui ont commencé mardi à Bassorah, selon un décompte de l'AFP. Les affrontements ont également fait des centaines de blessés.

Un ressortissant américain employé par le gouvernement des Etats- Unis a été tué et quatre de ses collègues blessés par des tirs de roquettes dans la «zone verte» de Bagdad, a par ailleurs annoncé jeudi le département d'Etat.

Poursuivre l'offensive

Le premier ministre Nouri al-Maliki s'est engagé jeudi à poursuivre son offensive contre les membres de l'Armée du Mahdi, milice fidèle à l'imam chiite Moktada Sadr.

Dans le même temps, des partisans du chef radical chiite ont manifesté à Bagdad pour exiger la démission de M. Maliki. Une source au ministère de l'intérieur a parlé de centaines de milliers de manifestants. «Maliki, tu es un traître ! Maliki est un agent américain! Maliki, quitte le gouvernement!», a scandé la foule.

Le chef radical chiite a, lui, appelé à une «solution pacifique et politique» aux violences «pour éviter que le sang soit versé».

Ressources nationales volées

De son côté, le premier ministre a déclaré: «Nous sommes venus à Bassorah à l'invitation des civils pour remplir notre devoir national et les protéger des bandes qui les ont terrorisés et ont volé les ressources nationales».

«Nous n'allons pas renoncer à notre engagement» et «estimons que négocier avec des hors-la-loi est contraire à la constitution», a-t-il dit. «Leur seule option est de déposer les armes et donner des garanties qu'ils vont respecter la loi».

Ultimatum

M. Maliki avait lancé mercredi un ultimatum de 72 heures aux miliciens pour qu'ils déposent les armes. Le premier ministre, un chiite, supervise lui-même l'opération militaire contre l'Armée du Mahdi à Bassorah, le grand port pétrolier à 550 km au sud de Bagdad. Pour l'heure, les partisans de Moktada Sadr en gardent le contrôle.

Jeudi, des explosions d'obus de mortiers et de roquettes ont été entendues dans le quartier de Joumhouriyah, au milieu de tirs d'armes automatiques.

Un oléoduc voisin a été visé par un sabotage qui a affecté les exportations de pétrole, selon un porte-parole de la South Oil Company qui exploite les champs dans cette région. Un incendie a été maîtrisé, et les réparations devraient prendre deux ou trois jours.

A l'Irak de payer

De son côté, le président américain George W. Bush a insisté sur les progrès économiques accomplis en Irak au cours des derniers mois. Dans un discours prononcé à Dayton, il a dit attendre de ce pays qu'il assume bientôt totalement le coût financier de sa sécurité. Et de préciser que le budget irakien couvrait à présent trois quarts des coûts de ses forces de sécurité. (ats)

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