Actualisé 27.03.2008 à 15:56

Baisse d'impôts en vue dans le canton de Vaud

Les comptes cantonaux ont connu une nouvelle cuvée exceptionnelle en 2007. Ils se soldent par un bénéfice de 274 millions, voire 753 millions hors amortissements extraordinaires.

Ce sont les comptes d'une période de surchauffe, a averti jeudi le conseiller d'Etat Pascal Broulis, loin de se départir de sa prudence. La croissance des revenus, supérieure de plus de 700 millions à ceux prévus au budget, s'explique en particulier par la conjoncture économique très favorable aux entreprises, en grande partie responsable de l'embellie des recettes fiscales.

Dans les chiffres noirs pour la 3e année consécutive, le canton a profité de cette manne pour procéder à des opérations de bouclement extraordinaires. 59 millions de francs ont ainsi été versés à la caisse de pension de l'Etat de Vaud.

Quelque 420 millions vont à l'amortissement du découvert creusé par 15 ans de déficit chronique. Ce dernier atteint 1,5 milliard. «Notre objectif est d'atteindre gentiment le zéro», a précisé M. Broulis. La dette a été ramenée à un peu plus de 4 milliards.

Maîtriser les dépenses

Seule une rigoureuse maîtrise des dépenses permet de préserver l'équilibre à long terme, insiste le conseiller d'Etat. En 2007, les charges ont toutefois augmenté de 1,7%, à 6,414 milliards de francs. Une hausse due à l'augmentation des besoins dans le secteur social et à une facture plus salée pour la péréquation financière confédérale, ainsi qu'entre les cantons et les communes.

Les investissements sont restés en dessous des prévisions: ils ont atteint 140,9 millions, soit 59 millions de moins que prévu.

Baisses d'impôts

Sans vouloir répéter «les erreurs du passé», le chef des finances vaudoises estime toutefois venu le temps des baisses d'impôts. Elles ciblent les entreprises et les familles de la classe moyenne.

Le Conseil d'Etat présentera «ces prochaines semaines» une première série de mesures au parlement, indique Pascal Broulis. Il prévoit leur entrée en vigueur début 2009 «au plus tard». Le manque à gagner pour le canton s'élèvera à 90 millions de francs, dont 67 millions pour les personnes physiques et 23 millions pour les entreprises.

Référendum dans l'air

L'impôt sur les dividendes devrait baisser, passant de 100% à 75%. «Nous tenons compte de l'avis des Vaudois» qui ont rejeté la réforme de l'imposition des entreprises le 24 février, assure le chef des finances. La baisse prévue par le canton est en effet moins élevée que celle préconisée par la Confédération (entre 60% et 50%).

Du côté des partis, le PS dénonce «un cadeau fiscal aux actionnaires» et brandit la menace du référendum. Les Verts s'inquiètent du «flou» du projet. A droite, les libéraux parlent d'un «timide premier pas» tandis que les radicaux sont contents, mais «émettent des réserves» sur le taux de 75%.

Familles

Le principe d'un allègement pour les familles n'est lui pas contesté. Le gouvernement propose d'augmenter la déduction pour frais de garde des enfants. Les couples mariés, y compris les retraités, les pacsés et les familles monoparentales de la classe moyenne devraient aussi bénéficier d'une nouvelle déduction.

Insuffisant, pour les socialistes, qui entendent présenter leurs propres solutions pour les familles à revenus modestes et moyens. Prenant le contrepied, l'UDC propose l'instauration d'un impôt minimal de 100 francs par année pour tous. Les libéraux demandent un abaissement de l'impôt sur la fortune.

Une deuxième série de baisses d'impôts est prévue pour la législature en cours. Elle devrait représenter entre 30 et 40 millions de francs. Il s'agit en particulier de pallier l'abandon de l'arrêté Bonny favorisant économiquement les régions périphériques.

Système salarial

Les employés du canton auront droit à leur part du gâteau. Dans le cadre du nouveau système de salaires, sur lequel les négociations doivent reprendre lundi avec les syndicats, des «moyens supplémentaires» sont prévus, annonce Pascal Broulis.

Quelque 30 millions devraient en outre aller aux établissements médico-sociaux (EMS) entre 2009 et 2011. Enfin, le gouvernement renonce à augmenter l'impôt de 0,5 point pour des mesures d'incitation aux fusions de communes. (ats)

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