Crise: Baisse des ventes chez Porsche
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CriseBaisse des ventes chez Porsche

Le groupe automobile allemand surendetté Porsche a souffert du recul de la demande mondiale sur les neuf premiers mois de son exercice 2008/09.

Ils ont été marqués par une érosion de ses ventes et un recul - non précisé - de son bénéfice d'exploitation.

D'août à avril, le chiffre d'affaires du constructeur de voitures de sport a baissé de 15% à 4,6 milliards d'euros (6,9 milliards de francs). Les ventes ont chuté de 27,6% à 53'635 unités.

«Porsche n'a pas échappé à la tendance générale à la baisse» des marchés automobiles, frappés de plein fouet par la crise économique, a-t-il expliqué dans un communiqué. Conséquence: le bénéfice d'exploitation a lui aussi reculé comparé aux neuf mois de l'exercice précédent, a-t-il ajouté, sans donner de chiffres précis.

Une augmentation des dépenses liées au lancement de son quatrième modèle, le coupé Panamera, et des coûts de refinancement en hausse ont pesé sur le bénéfice imposable, a-t-il détaillé.

Manne compensatoire venue de VW

Mais ces effets négatifs ont été compensés par la manne des contrats à terme sur des actions de sa filiale Volkswagen, dont Porsche détient 51%. Le résultat tiré de ces contrats a nettement augmenté, essentiellement en raison de la valeur élevée du cours VW sur la période, a précisé Porsche.

L'entreprise de Stuttgart voulait à l'origine reprendre jusqu'à 75% de VW et s'était assuré à cet effet des options sur actions représentant quelque 20% du capital.

En octobre dernier, le cours VW avait grimpé jusqu'à 1000 euros l'unité. La prise de contrôle par Porsche, en asséchant le marché des actions Volkswagen, avait pris de court des fonds engagés dans des ventes à découvert et les avait forcés à acheter des titres VW à n'importe quel prix.

Entre-temps, Porsche a dû renoncer à ses ambitions, étranglé en pleine crise économique par les 9 milliards de dettes issus de la montée au capital de VW.

Espoirs qataris

La firme négocie actuellement avec le Qatar, qui pourrait prendre 25% de son capital plus une action, soit une minorité de blocage. Actuellement, les membres de la famille Porsche-Piëch détiennent 100% des droits de vote.

L'entrée de l'émirat résoudrait en partie les problèmes de Porsche, en quête urgente de liquidités. Il a parallèlement demandé une aide publique, sous la forme d'un crédit de 1,75 milliard d'euros auprès de la banque KfW. Il attend toujours une réponse mais a peu d'espoir d'obtenir ce soutien.

Pour l'avenir, Porsche s'est montré très réservé sur ses activités. Les conditions de marché vont rester «difficiles. Une nouvelle détérioration de la situation n'est pas à exclure», prévient-il. (ats)

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