Actualisé 28.01.2019 à 17:05

Genève

Baisser l'éclairage public, l'idée a le vent en poupe

Les Verts veulent lutter contre la pollution lumineuse. Des projets ont déjà été menés à bien, et d'autres sont en cours.

de
Jérôme Faas
Sur la plaine de Plainpalais, les lumières nocturnes sont multiples. Un état de fait qui inquiète l'élu Vert Alfonso Gomez.

Sur la plaine de Plainpalais, les lumières nocturnes sont multiples. Un état de fait qui inquiète l'élu Vert Alfonso Gomez.

Keystone/Pierre Albouy

Haro sur la lumière à tout crin! La nuit, elle perturbe le sommeil des humains et la vie des animaux en plus de gaspiller de l'énergie, plaident de plus en plus d'élus. Mardi, les Verts de la Ville ont déposé une motion réclamant «de diminuer l'intensité et la durée de l'éclairage public». Cet été, le Grand Conseil avait voté un texte comparable. Et, depuis 2008, la Municipalité, qui s'est dotée d'un plan lumière, multiplie les actions dans ce sens.

«Cela dépend bien sûr de l'endroit, notamment pour le sentiment de sécurité, mais il y a des zones où l'on pourrait sans problème éteindre entre minuit et 5 h», juge l'élu municipal Vert Alfonso Gomez. Il prône le recours aux détecteurs de mouvement. Il estime également que les enseignes lumineuses devraient être mieux cadrées.

Florence Colace, architecte éclairagiste en Ville, explique que celle-ci agit depuis 2008. Ainsi, un tiers des éclairages a été remplacé pour éliminer ceux à vapeur de mercure: «L'économie d'énergie atteint 35%.» Dans certaines rues, dès 22 h ou minuit, la lumière baisse de 25%, voire plus, jusqu'à 5 h. Dans les grands parcs, «on essaie de privilégier les chemins principaux», les autres restant obscurs. Ailleurs, comme sur le viaduc de la Jonction, les LED réagissent au passage. «Il reste à sensibiliser les privés pour les écrans, les enseignes et les vitrines.»

Dans le cadre du prochain plan lumière, le conseiller administratif Rémy Pagani souhaite justement engager une réflexion sur l'éclairage commercial et son impact sur le domaine public.

Toutes ces actions stimulent l'élu Vert Alfonso Gomez, sûr du rôle d'exemple joué par les entités publiques. Il annonce ainsi que d'autres motions similaires sont prévues dans plusieurs autres communes.

La place Neuve va être repensée

Pour 2019, outre un travail d'orfèvre mené au coup par coup et rue par rue, la Ville a prévu de faire aboutir deux projets. D'abord, elle veut rabaisser les luminaires de la place Neuve, qui culminent à 16m et servent plus les voitures que les piétons. «Ils seront plus près du sol, à environ 8m, afin d'obtenir un éclairage plus précis et moins douché.» Puis il s'agira de terminer la suppression des luminaires «boules» situés le long du Rhône, de manière à éviter la diffusion de lumière en direction du ciel.

Hexagone pionnier

La France devance la Suisse en matière de lutte contre la pollution lumineuse. Ainsi, un arrêté national de 2013 interdit d'éclairer les bâtiments non résidentiels et les vitrines entre 1h et 7h. La commune de Saint-Julien, en bordure de Genève, éteint ses hameaux de 1h à 5h et son centre de 1h30 à 4h30. «Nous sommes très satisfaits, dit le maire. Et la gendarmerie est très claire: cela n'a aucun impact sur la sécurité.» Et à Annemasse, la zone industrielle et les bords de l'Arve s'éteignent la nuit.

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