GenèveBaisser les impôts, mantra des cinq candidats de droite
Les champions du PLR, de l’UDC, du MCG et du Centre font liste commune pour le second tour de l’élection au Conseil d’Etat. Ils ont un programme.
- par
- Jérôme Faas

Les cinq candidats de droite de l’Alliance genevoise, ce mercredi à la Treille: Philippe Morel (MCG), Delphine Bachmann (Le Centre), Nathalie Fontanet (PLR), Anne Hiltpold (PLR) et Lionel Dugerdil (UDC).
Baisser les impôts pour soutenir le pouvoir d’achat: telle est la proposition phare des cinq candidats de droite au Conseil d’Etat réunis sous la bannière de «l’Alliance genevoise». A la même table se sont donc assis ce mercredi Nathalie Fontanet (PLR), Anne Hiltpold (PLR), Philippe Morel (MCG), Delphine Bachmann (Le Centre) et Lionel Dugerdil (UDC), une configuration impensable jusqu’à dimanche à Genève, où jamais la droite élargie n’avait fait liste commune. «Nous nous sommes mis d’accord sur un programme», a annoncé Nathalie Fontanet, conseillère d’Etat sortante chargée des finances.
Déduire une partie des loyers
L’Alliance souhaite donc réduire l’impôt sur le revenu des personnes physiques (le taux n’est pas arrêté mais Nathalie Fontanet a rappelé que les quatre partis avaient soutenu un projet de loi PLR proposant 5%), mais pas seulement. Elle désire aussi revoir la fiscalité sur l’outil de travail pour soulager les PME (Berne et Genève sont les deux seuls cantons à ne pas prévoir d’abattement spécifique); et permettre aux locataires de déduire leur loyer des impôts «à une quotité qu’il conviendra de déterminer».
Horaire continu à l’école
Les cinq candidats ont ensuite égrené toute une série de thèmes les réunissant: logement et aménagement du territoire, formation, enseignement, mobilité, sécurité, santé, économie, environnement et transition écologique. Parmi les propositions formulées, quelques-unes ressortent. L’Alliance désire ainsi préserver la zone agricole tout en construisant «davantage de locatifs à loyers contrôlés et de PPE à prix abordables pour la classe moyenne», a développé Delphine Bachmann. Concernant l’enseignement, la droite défend «une réforme de l’horaire scolaire, plus du tout adapté au fonctionnement de la société», dixit Anne Hiltpold. Un horaire continu et la possibilité de scolariser les enfants dès 3 ans sont prônés.
Appels d’offres locaux
Sur le volet de la formation, Philippe Morel a indiqué la nécessité d’en créer dans les domaines stratégiques de la santé, du numérique et de la transition énergétique, tout en finançant les reconversions. Pour l’économie, l’Alliance veut que le critère de la proximité figure en meilleure place dans les appels d’offres. Quant à la santé, elle défend une meilleure déductibilité fiscale des primes et des coûts.
Mobilité: consulter le Parlement
Les partis sont même parvenus à s’entendre sur la mobilité, domaine sensible puisque l’action de l’actuel conseiller d’Etat du Centre, Serge Dal Busco, n’a eu de cesse d’être critiquée par le reste de la droite. Or, le programme annoncé par Lionel Dugerdil y ressemble un peu (hormis le soutien à la traversée du lac): limitation du trafic transfrontalier via le développement des transports publics, priorisation des modes de transport par zones, développement des zones de mobilité douce (mais «sans nuire au transport routier») et facilitation du transport professionnel au centre-ville. Mais, selon Céline Amaudruz, présidente de l’UDC (présente comme les autres patrons des partis), c’est la méthode qui changera: «Nous consulterons le Parlement et la population.»
Pierre Maudet aurait «un problème de crédibilité à Berne»
L’Alliance dit ne pas avoir sollicité Pierre Maudet pour en faire partie. Céline Amaudruz, présidente de l’UDC, a indiqué que «tous les partis en ont débattu lors de leur assemblée». La conseillère nationale a expliqué avoir pris contact «avec les partis nationaux et quelques conseillers fédéraux pour connaître leur sentiment s’il devait revenir au gouvernement. Un problème institutionnel de crédibilité a été relevé, et Genève a besoin de crédibilité à Berne. Le Conseil d’Etat doit être consensuel, collégial, et respecter les institutions. Un de ces paramètres faisait défaut.»