Hausse du prix de l’essence: Baisser les tarifs du train: peu efficace pour faire lâcher la voiture
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Hausse du prix de l’essenceBaisser les tarifs du train: peu efficace pour faire lâcher la voiture

L’Allemagne veut des baisses générales des prix des transports publics pour contrer la hausse des carburants. En Suisse, on s’oriente sur des offres plus ponctuelles ou ciblées.

par
Yannick Weber
Casser les prix n’a pas forcément l’effet escompté sur la fréquentation, en tout cas celles des pendulaires.

Casser les prix n’a pas forcément l’effet escompté sur la fréquentation, en tout cas celles des pendulaires.

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Un train de Bâle à Berlin. Durée: huit heures. Prix: à partir de 10 francs. C’est ce qui sera proposé dès cet été par la compagnie privée Flixtrain, qui ira pour la première fois jusqu’en Suisse. En parallèle, l’État allemand a annoncé qu’il planifiait la création d’une forme d’abonnement général, sans les grandes lignes, valable dans tout le pays de juin à août et pour 9 euros par mois. Le but: casser les prix pour faire venir les gens dans les transports publics, en contrepartie de la hausse du prix des carburants.

Très peu d’elasticité

En Suisse, aucune baisse générale des prix n’est prévue. Tout au plus, les CFF ont annoncé qu’ils n’augmenteront pas leurs tarifs en 2023. L’une des raisons: baisser les prix n’est pas très efficace pour que les gens abandonnent la voiture. «Le prix est un facteur certes important du choix modal, mais pas le principal, qui est constitué par la durée du trajet. Le changement de comportement ne s’effectue pas en proportion directe de l’évolution des prix, à la hausse ou à la baisse», relève Bruno Galliker, porte-parole de l’Union des transports publics (UTP).

La faîtière mentionne une étude de l’EPFL en 2011, qui concluait à une demande en transports publics «peu élastique par rapport au coût» et qui varie en fonction des régions. En chiffres: si les prix baissaient de 1% en Valais par exemple, la part des trajets en transports publics n’augmenterait que de 0,4%, et encore moins dans les autres régions testées, comme Bâle ou les Grisons. Le temps de trajet a un peu plus d’impact: une diminution de celui-ci de 1% dans le canton de Vaud résulterait en une augmentation de la part de marché des transports publics de 1%.

Du potentiel dans les loisirs

En Suisse, les entreprises privilégient les baisses de prix ponctuelles, avec par exemple les billets dégriffés, ou prennent un axe plus «touristique». Citons l’abo «week-end» du réseau vaudois Mobilis, qui fonctionne comme un AG, valable seulement le week-end, en été, pour 39 francs par mois. «En Suisse, la mobilité la plus importante est celle pour les loisirs. Or, les billets individuels sont souvent terriblement chers, à moins d’avoir un billet dégriffé. Les offres liées aux loisirs prennent donc tout leur sens car elles contribuent au report modal vers les transports publics», remarque Romain Pilloud, secrétaire général de l’Association Transports et Environnement Vaud. L’ATE plaide par ailleurs pour la création d’un «AG heures creuses», à prix très avantageux, pour désengorger les heures de pointe.

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