Actualisé 15.01.2020 à 09:43

FranceBalancé sur Twitter, il est viré pour «faute grave»

Photographié alors qu'il faisait la sieste pendant une tournée, un agent de propreté a été licencié après la diffusion du cliché sur les réseaux sociaux. Il a saisi les prud'hommes.

par
joc
Relayée sur les réseaux sociaux, cette photo a eu de graves conséquences pour l'employé.

Relayée sur les réseaux sociaux, cette photo a eu de graves conséquences pour l'employé.

Twitter

Paris, un jour de septembre 2018. Un passant prend en photo un homme en tenue de travail assoupi sur le rebord d'une vitrine, et publie l'image sur Twitter. La légende est virulente: «Voilà à quoi servent les impôts locaux des Parisiens, à payer les agents de propreté à roupiller, on comprend pourquoi Paris est si dégueulasse.» C'est alors que «l'effet domino» se met en branle. Le cliché est commenté, relayé, des élus interpellés.

Mis au courant, les services de la ville de Paris transmettent le «dossier» à leur prestataire privé en soulignant les réactions négatives, mais sans demander de sanction. Sans attendre, la société Derichebourg Polysotis convoque l'employé en question, un agent de propreté de 37 ans nommé Adama Cissé. Le 26 septembre, l'entreprise annonce sur Twitter que «la personne qui apparaît sur la photo fait l'objet d'une procédure disciplinaire.» Trois semaines plus tard, l'employé est licencié pour «faute grave».

«On était en avance»

«C'était la pause. Je faisais la collecte des corbeilles avec un chauffeur. Je me suis juste allongé pour me reposer. Le travail est difficile, on descend et on remonte dans le camion sans arrêt», explique l'ex-employé au «Parisien». Il est reproché à Adama Cissé d'avoir dépassé son temps de pause et de n'avoir pas effectué sa tournée dans les temps. Le principal intéressé dément: «On était en avance, comme ça pouvait arriver avec certains chauffeurs. Le conducteur décide de faire la pause, et c'est lui qui décide quand on repart. Mais ensuite, on a fini la tournée à l'heure.»

Employé depuis 2011, le trentenaire vit désormais dans la précarité et a saisi les prud'hommes. «On sent bien qu'il y a eu un problème d'image de marque, et que cette affaire a été gérée sans prendre le recul nécessaire», estime Me Joachim Scavello, l'avocat d'Adama Cissé. «Je n'ai jamais vu quelqu'un licencié pour ça! Il existe des degrés dans la sanction, avant de renvoyer quelqu'un», abonde un syndicaliste du groupe Derichebourg. L'audience devait se tenir ce mardi dans le Val-de-Marne.

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