Voile intégral: Bâle-Ville et Berne contre l'interdiction
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Voile intégralBâle-Ville et Berne contre l'interdiction

L'interdiction du port du voile intégral dans les services publics en Suisse a suscité à nouveau des débats intenses mercredi dans les parlements cantonaux.

Contrairement au Grand Conseil argovien la veille, les députés bâlois et bernois ne veulent pas d'une telle interdiction.

Le Grand Conseil de Bâle-Ville a rejeté mercredi toute initiative cantonale demandant d'interdire au niveau national la burqa et d'autres formes de dissimulation du visage. Les députés bâlois ont largement refusé une motion de l'UDC en ce sens.

S'opposant à toute réglementation vestimentaire, les représentants de gauche comme de droite ont défendu mercredi de concert le droit au libre-choix. Au final, le «non» l'a largement emporté, par 58 voix contre 13.

S'il concède qu'on ne peut «pas soutenir le port de la burqa», le PS a pourtant mis en garde face à une interdiction du voile intégral qui «pousserait d'autant plus les femmes soumises dans l'isolation». Et d'ajouter que le voile n'est pas porté uniquement par des femmes qui y sont contraintes.

Les députés de l'UDC ont reconnu qu'il n'existait aucun problème de voile islamique à Bâle. Ils ont toutefois estimé que cette situation pouvait changer «au vu du taux de natalité et des flux migratoires».

Débats passionnés

De son côté, le Grand Conseil bernois n'a pas voulu transmettre mercredi la motion qui exigeait le dépôt d'une initiative cantonale en ce sens auprès de la Confédération. Après des débats passionnés et émotionnels, le parlement bernois a rejeté de justesse la motion du Parti évangélique (PEV) par 73 voix contre 69 et 4 abstentions.

Le Conseil exécutif avait appelé au rejet du texte en faveur d'une interdiction du port du voile intégral, comme la burqa et le niqab, à l'école et dans l'administration.

La motion a surtout reçu le soutien des députés UDC. La gauche a dénoncé cette mesure estimant qu'il fallait miser sur le dialogue. A ce jour, le canton de Berne n'a encore jamais été confronté à une demande exprimée par une collaboratrice de porter durant le travail un voile dissimulant partiellement ou entièrement le visage.

Texte argovien transmis à Berne

Mais les chambres fédérales devront quand même se pencher sur la question: mardi, le parlement argovien a pris une décision contraire à celle des députés bâlois. Les élus argoviens ont soutenu par 76 voix contre 42 une initiative cantonale demandant à la Confédération d'interdire la burqa et toute forme de dissimulation du visage dans les espaces publics. Ce texte sera remis aux Chambres fédérales.

D'autres propositions de ce type ont été déposées ces derniers mois au sein des parlements bernois, soleurois, thurgovien et schwyzois. Au début du mois d'août, le conseil scolaire du canton de St-Gall a demandé aux communes de prendre des mesures pour interdire le port du voile islamique à l'école. Pour cette institution, une telle interdiction permettrait d'empêcher une discrimination des élèves musulmanes tout en facilitant leur intégration. (ats)

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