EPFL (VD): Balélec joue les pionniers pour calmer ses voisins
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EPFL (VD)Balélec joue les pionniers pour calmer ses voisins

Le volume des basses fréquences du festival sera limité vendredi. Une première. L'Office fédéral de la santé pourrait en faire une norme.

par
Francesco Brienza
En 2012, les basses du festival avaient été portées à plus de dix kilomètres par un vent du sud.

En 2012, les basses du festival avaient été portées à plus de dix kilomètres par un vent du sud.

Dans tout l'Ouest lausannois, les oreilles bourdonnent encore aux vibrations du festival estudiantin de l'an dernier. Ce soir-là, un vent du sud avait exceptionnellement soufflé sur Ecublens, poussant les nuisances sonores jusqu'à dix kilomètres au nord de l'EPFL. «Nous avons reçu des tonnes de réclamations», se souvient la municipale Anne-Claude Studer. Pourtant, Balélec avait scrupuleusement respecté la limitation légale de 100 dB.

Pour la prochaine édition, qui a lieu vendredi, la Ville, les organisateurs et la police de l'Ouest lausannois ont pris les devants: des agents limiteront à 110 dB(C) les basses fréquences pendant les concerts. Celles-là mêmes qui avaient été entendues jusqu'à Mex en 2012. «Nous sommes le premier festival suisse à le faire», se félicite Marie-Noëlle Perseguers, présidente du comité d'organisation de l'événement. En effet, il n'existe encore aucune réglementation sur ce procédé. Raison pour laquelle l'Office fédéral de la santé publique assistera aux prises de mesures. «Cela deviendra peut-être une norme à l'avenir pour tous les festivals open air», ajoute non sans fierté le sergent de police Patrick Antonini.

«Nous sommes très contents de la solution trouvée», sourit Anne-Claude Studer. Et si un grand nombre de plaintes avérées sont malgré tout enregistrées, la police fera baisser immédiatement le son du raout (voir encadré).

Une crainte vis à vis des festivaliers

La Police de l’Ouest lausannois est très claire: «Si des plaintes fondées parviennent au central, l’intensité sonore du festival serait immédiatement diminuée.» Pour les organisateurs, c’est un véritable souci. «Baisser le volume général d’un concert, même de quelques décibels, se remarque beaucoup, indique Marie-Noëlle Perseguers. C’est une crainte réelle que nous avons.» Mais la présidente compte sur la bonne volonté des différents partenaires. «De plus, nous avons mené cette année une campagne d’information dans les communes voisines pour préparer les habitants à la manifestation, note-t-elle. Cela ne peut que mieux se passer.»

«Réduire les basses ne change presque rien»

L’idée de Balélec qui vise à réduire les nuisances sonores en limitant les basses fréquences ne convainc pas vraiment le Dr Raphaël Maire. Le chef de service d’ORL du CHUV pense même que la manœuvre ne changera pas grand chose pour les voisins. Selon lui, «seule une baisse du niveau sonore global serait efficace». Et pour le festivalier? Même constat. «Seules les hautes fréquences sont nocives pour l’audition, explique-t-il. Les basses sont très bien assimilées physiologiquement.» Les dB(C), qui mesurent les pics de son, sont ainsi tolérés jusqu’à 125. «Les limiter à 110 est donc plutôt très prudent», conclut-il.

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