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Football - Italie«Balotelli? Juste un gars qui se fout du monde»

L'attaquant de 25 ans retourne à l'AC Milan, qu'il avait quitté l'été dernier pour Liverpool. Alors qu'en Lombardie on lui a fait signer un contrat disciplinaire, chez les Reds on se réjouit du départ de Supermario, qui n'est plus que l'ombre de lui-même.

par
Daniel Romano
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Supermario Balotelli, à son arrivée à Milan pour une nouvelle aventure. La dernière chance de sa carrière.

Supermario Balotelli, à son arrivée à Milan pour une nouvelle aventure. La dernière chance de sa carrière.

AP/Luca Bruno
L'attaquant italien, né à Palerme, n'a jamais caché son amour pour l'AC Milan, dont il est fan depuis son enfance.

L'attaquant italien, né à Palerme, n'a jamais caché son amour pour l'AC Milan, dont il est fan depuis son enfance.

AP/Luca Bruno
Matteo Bazzi

Une année après avoir tourné le dos à l'AC Milan et posé ses valises à Anfield Road telle une rockstar, Mario Balotelli fait le voyage retour dans ses petits souliers. En chute libre depuis une dizaine de mois, l'Italien a peu à peu tout perdu : sa confiance, son instinct de buteur (un goal en 28 matches), sa compagne et sa place en sélection.

«Liverpool a fait une énorme erreur en engageant Balotelli, a récemment affirmé l'ancien capitaine des Reds Jamie Carragher, repris par «La Gazzetta dello Sport». Plus vite il s'en ira et mieux ce sera». En effet, pour l'instant, le départ de l'attaquant n'est qu'éphémère puisqu'il n'a signé qu'un prêt à l'AC Milan. « A Liverpool, rien n'a fonctionné alors maintenant il retourne dans le club qu'il avait quitté. Il se fout quand même un peu du monde et de quelques entraîneurs à mon avis, a poursuivi Carragher avant d'enfoncer un peu plus le clou. D'ailleurs, où sont les preuves des qualités footballistiques de Balotelli?»

Complexe de supériorité

Des capacités, l'attaquant en possède assurément. Il les a d'ailleurs déjà montrées au monde entier à plusieurs reprises. L'ennui est qu'il souffre d'une sorte de complexe de supériorité dont il ne parvient pas à se détacher. «Ce n'est pas possible de faire ce qu'il fait sur une pelouse, a grondé l'ancien latéral de Manchester United Gary Neville. Il ne bouge pas, il ne travaille pas, il ne s'implique pas.»

Et c'est presque pire en dehors des terrains. Ses grosses bagnoles, ses crampons extravagants, ses apparitions trash sur les réseaux sociaux. Il ne peut pas s'en empêcher. Il est comme ça. «J'en sais quelque chose, a plaisanté dimanche soir à la RAI son ancien coach à l'Inter et à Manchester City Roberto Mancini. Je lui souhaite de redevenir celui qu'il était.»

Pour Thierry Henry, selon lequel la carrière de Balotelli n'a encore pas commencé, un retour à l'AC Milan est la meilleure des choses qui pouvait arriver à l'attaquant italien.

Un contrat militaire

Un retour oui, mais pas à n'importe quel prix. Le club lombard n'a accepté qu'un prêt à 2,5 millions d'euros sans option d'achat alors qu'il avait vendu sa star plus de 20 millions aux Reds il y a treize mois.

En outre, les dirigeants rossoneri ont fait signer un contrat spécial à l'ancien joueur de l'Inter et de Manchester City. Selon «La Gazzetta dello Sport», le document a été inspiré d'un code de comportement de l'aéronautique militaire italienne.

Parmi les règles que devra suivre le joueur, il y a évidemment un article qui évoque les réseaux sociaux. Balotelli n'aura pas le droit d'utiliser Twitter, Facebook ou Instagram pour exprimer ses opinions à propos de l'AC Milan. Au niveau vestimentaire, l'attaquant devra soigner son look, porter des vêtements plus classiques et adaptés à l'image du club. Il a également reçu l'ordre de soigner sa coupe de cheveux et trouver un moyen de ne plus se présenter avec une crête aussi extravagante au travail. Enfin, Supermario a dû accepter de se présenter à l'heure aux entraînements et de tirer un trait sur la cigarette, les boîtes de nuit et les cabarets. Son taux d'alcoolémie sera aussi régulièrement contrôlé.

Avec ce nouveau règlement, la nouvelle recrue des rossoneri aura en fait une vie de footballeur normal. Et c'est peut-être ce qui pouvait lui arriver de mieux pour remonter la très longue pente qui l'attend, car comme l'a si bien expliqué Ciro Ferrara, ancien joueur de la Juve et de la Squadra Azzurra, «le destin de Balotelli n'est ni dans ses mains, ni dans ses pieds, mais bel et bien dans sa tête».

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